DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE
préférence à la métropole. Le nombre des documents est en effet beaucoup trop minime pour qu'il soit possible d'en tirer des conclusions précises sur Faction constitutionnelle extérieure de Douai. Peut-être même la seule remarque caractéristique serait-elle cette singulière restriction d'influence. La raison en demeure assez obscure, à moins de supposer que, dans cette région extrêmement riche et vivante, chaque agglomération avait par elle-même assez de force, sans avoir besoin de chercher par ailleurs un modèle, pour se créer spontanément un régime autonome : en d'autres termes, sa propre expansion sociale pouvait lui permettre de trouver en soi son type d'organisation juridique.
Étude diplomatique de la P.J. 7,
Edit. 1 : 1..., 6. Leelère (J.), texte avec une notice et une planche, dans Album belge de diplomatique, n° 27.
Le document privé le plus ancien de la région du Nord en langue romane-wallonne, aurait été autrefois un acte des Archives tournaisiennes, remontant à 1197, mais il est, semble-t-il, perdu maintenant 2. Dans ce genre de textes, la priorité paraît bien être passée à une pièce de février 1204, du Dépôt municipal de Douai, que nous donnons comme P.J. 7 : elle est d'ailleurs loin d'être inédite, quoiqu'elle n'ait pas toujours été publiée avec le soin nécessaire.
Cet acte nous est connu, moins peut-être par un original que par une copie. Celle-ci, écrite sur un morceau de parchemin de 270 millimètres de longueur sur 125 millimètres de largeur, d'une écriture contemporaine de la date donnée, est simple et non scellée. La langue et l'allure générale du document y paraissent être celles des pièces de même nature qui, un tiers de siècle après environ, commenceront à se rencontrer en si grand nombre aux Archives douaisiennes, mais, dans l'ensemble, qu'il s'agisse de la langue encore ou du style, si l'on peut employer ce dernier terme pour cette époque, cet acte a quelque chose de plus primitif et de plus frustre : il ne présente certainement pas encore la Hmpidité agréable et la belle disposition des textes urbains postérieurs.
A vrai dire, bien que par cette appartenance au dépôt local, par sa forme et, on le verra, par quelques autres traits encore, cette pièce puisse, à première vue, être considérée comme un document d'origine douaisienne, un examen détaillé montre que
1. Le t. I a été imprimé après le t. III, où cette pièce figure et dans l'indication des éditions de laquelle nous avions omis ce n" 5.