Voy. p. précc'flente
2. Cf. H Brujcellts le rôle du voorcoopcr (Des Marez, L'organ. du travail à li., 357).
126 LA VIE IKBAINE DE DOUAT
tives concernant le lieu, le temps et la quantité d'affaires de ce négoce. On ne pouvait exécuter les opérations qu'en certains endroits, pendant certains moments et jusqu'à un certain chiffre. Les diverses prescriptions édictées avaient évidemment une même origine, comme toujours l'opposition de l'atlministration urbaine au.x monopoles et aux accaparements. En d'autres termes, c'était mie nouvelle application de la défiance générale du temps contre ces commerçants qui achetaient simplement pour revendre, cherchant à accumuler des stocks et tinalement à faire hausser les prix d'une façon artificielle. L'interdiction des affaires entre revendeurs est, à ce sujet, bien significative : on ne voulait pas que les échanges de détail, intéressant les milliers de membres de la communauté, fussent sacrifiés au profit de quelques opérations en gros ne profitant qu'à quelques individus *. 11 semble, au reste, que suffisamment surveillé et maintenu dans les limites que l'on connaît, le revendage était assez utile pour l'alimentation urbaine jounialièrc.
CONCLUSION
Si différents que fussent en apparence, et même à certains égards en réalité, les divers intermédiaires, ils étaient bien tous chargés, comme nous l'avons ilit. de faciliter les relations des vendeurs et des acheteurs. Mais, en général, il import* expressément df le remarquer, ils n'établissaient guère de rapports (ju'entre négociants proprement dit.s : les deux catégories d'individus qu'ils rapprochaient étaient de même nature. Le plus souvent ils n'avaient pas à relier les commerçants et le pui>lic ; en d'autres termes, ils s'occupaient peu de la clientèle, l'ar suite, ils devaient intervenir presque exclusivement dans des affaires nù les marchandi-ses allei-
1. Cf. Pircnnc, L«ê drmomUtM, 101 ; en Poitou, pour l«i revoiiU«Min» do |>oiaa<>n, Uoiiwuniiatli', Ia^ l'oilou. I, 'J02.
gnaient des quantités relativement considérables. On ne peut guère faire exception que pour les revendeurs, et encore pas toujours. Ces intermédiaires étaient de différents genres. Les courtiers apparaissaient, en quelque sorte, comme étant les plus parfaits, car ils avaient par excellence pour but de favoriser les échanges. Les plus ordinaires étaient les porteurs, livreurs, mesureurs, qui ne faisaient que donner un complément matériel quelconque aux affaires déjà conclues. Les premiers développaient la vie économique, les autres n"y apportaient qu'un appoint réel. D'autres enfin, comrtfe les revendeurs, avaient un rôle moyen entre les deux séries précédentes. En outre, la majeure partie des catégories générales d'intermédiaires comprenait un certain nombre d'espèces .secondaires, correspondant alors à des branches commerciales différentes et dont les titulaires étaient nettement séparés les uns des autres : certains trafics, tels que ceux du vin et du blé, avaient une représentation plus importante en raison de leur valeur propre.
C) Les poids et mesures.
C'est très anciennement, dès le milieu de la première moitié du xn^ siècle, exactement en 112."}. qu'on paraît avoir la première mention de la métrologie douaisienne. Puis naturellement, à partir de la période séculair? .suivante, les indications se multiplient ^.
Quelle que soit l'origine juridique du pouvoir de la ville
1. Le 5 février 1 12.3, Calixtt- Il ri)nfirninnt le» biens de l'abbaye do Marchiennes, indique ' in potestate de Gaverella, ad 63 ra.serias Duacenses ■ (Jaffé-Loewenfeld, I. n" 7010; V. Robert, Bull, de Calixtr II. II. n" 337); puis en 1178, « Ego, Hugo de Oysi, ecclesie Béate Rictrudis Marceniensis duas portiones terre ad mensuram unius niodii Duacensis, que jacent sub Tillemont et ad Kousoi..., in elemosinam reddidi... Actum anno M" C.LXXVIIl" " (Arch. départ. ; fonds de Marchienne», carton 2) ; ensuite, le 19 janvier 1200, se rencontre la mention de . duobus niodiis fruniPtiti et duobii» modii.s avene ad mensuram Duacensem • (Arch. départ. ; 8aint-Aiiié, carton 3), etc..
en matière de poids et niesurts. lexistencc et Texercice même de ce droit n'offrent aucun doute. 11 n"y avait pas de liberté individuelle en pareille matière ou, tout au plus, il n'en existait que sous la surveillance expresse de l'administration urbaine. On le comprend ai.'iément : la fantaisie privée eut rendu tout commerce " bon et loial » impossible. Le moyen le plus simple et le plus pratique d'empêcher l'individualisme était la possession par la ville de modèles officiels. Ainsi, pour la boulangerie, des « eseantellons » étaient déposés à la halle > : de même, dans la draperie, les draps mesurés avaient tant d'aunes « à restaicre de le vile, ki faite est de par eschevins * ». Ces exemples, tout en étant les seuls que nous possédions, ont certainement une valeur tj-pe. et il n'y a aucun doute qu'il en ait été de même pour les autres espèces de poids et mesures : en un mot. la halle devait être un dépôt détalorus de ces instruments. Leur fabrication, bien que nous n'ayons à ce sujet aucune indication, était certainement laissée à l'initiative privée. Mais, une fois terminés, on ne pouvait que les comparer aux modèles officiels : en effet, on dit qu'ils devaient être faits « à l'ensegne de le ville », être « enseignés » par les échevins ; en d'autres termes, à l'exemple d'une pièce d'orfèvrerie dont le titre aurait été publiquement vérifié, ils avaient à être poinçonnés par l'autorité communale ''. Leur inspection était, on le sait, une des attributions des esgardeurs*. Naturellement, on défendait de 80 servir d'autres poids et mesures que de ceux qui étaient ainsi reconnus * et dont chaque trafiquant ou industriel avait ordre, semble-t-il, de posséder une certaine quantité réglementaire. Les meuniers, par exemple, avaient certaines
1. IV.I. 42S' et cf. 24U'* ; voy. oncoro pour 1<> boi» . In rlnviorc que on a en ««et«> vilp -, 2H2'.