I.A VIE UBUAI.N'K D£ UOl'AI, II
18 LA VIK l KHAINK UE DOUAI
If tVriiif maiiitifii df la paix, ainsi, des ordonnances industric'lk's vt loniMK'icialf.s intelligomnii'nt faites t-t sérieusement appliquées devaient également lui rendre à ce sujet de particuliers services. L'absence générale de fraudes, la fabrication de marchandises dans des conditions jugées parfaites, l'établis-sement de rapports de commerce loyaux entre les intéressés, bref, Ihonnéteté absolue dans les affaires au piolit de tout le monde et ne causant de détriment à personne, est un mode de concevoir les bases de la prospérité urbaine qui peut être parfaitement défendable. On ne saurait guère reprocher aux échevins de voir le développement de leur ville sous langle précédent et d'en concevoir la réalisation sous la forme en question. Il n'en demeure pas moins possible i[ue rinttrvcntion trop autoritaire et trop minutieu.se de ladministration dans des matières de cette nature ait pu avoir pour conséquence d'empêcher le mal plutôt que de produire le bien : elle aurait obtenu ainsi des résultats, sinon restrictifs, du moins négatifs. On comjirend parfaitement que l'autorité .se soit efforcée de protéger l'acheteur, en persuailant au besoin au vendeur que c'était son intérêt i)icn entendu d'agir honnêtement avec lui. mais à condition que ce n'ait pas été tout à fait au détrin)ent du fabricant et du marchand ainsi re.s.serrés et étouffés dans un lacis de règlements, qui leur enlevaient toutt' initiative tl'abord. toute liberté ensuite, si bien que finalement, il s'agis.sait beaucoup moins do se livrer à des affaires que île les l'xécuter selon ci-rtains principes administratifs '.
Cette question d'influence boime ou mauvaise tle lu réglementation est naturellement îles plus difficile, sinon impossible à éluciiler. jjuisque. nous l'avons dit, les documents d'application man(|m'iit absolununt pour nous permettre de \nir I élat i iTiclif du ciiniinerci' et de l'industrie. Il faut
I. Cf. riri'iini'. l,r/i iliniormlim, lll-ll.'i; joindre pour la France au Hiij«t lin lilA, AratkliHiiiniit/.. t)ir artrriilrliandrlufmlitik, I. pniH 12, où il cilo <li-ux |uuiMtt:iM <'iu-url<''rii*lii|iii-M <li' (iHliniii. Dialuijur; IIS ul II!), u( cf. Sil .lIcT, Oir tliMchrn, 7n«."Ul».
d'ailleurs distinguer. Quand la vie économique avait un but exclusivement local, les ordonnances devaient tendre beaucoup moins à la développer qu'à la régulariser ; les affaires ■s'accomplissaient bon gré mal gré et au besoin en dépit des règlements. L"effet de ces derniers pouvait au contraire se manifester en divers sens quand la fabrication visait le dehors et qu'il s'agissait de maintenir le bon renom et par suite la prospérité de lindustrie urbaine sur les marchés extérieurs et en face de la renaissance de Tétranger. Dans quelle mesure cette mfluence se fit-elle sentir ? c'est, encore une fois, ce qu'on ne saurait préciser. Il n"est pas douteux cependant que les échevins se préoccupaient réellement du développement des affaires urbames. La meilleure preuve en est qu'au xiii^ siècle, à Tintérieur, ils cherchèrent, par la conquête du tonheu, à débarrasser la vie économique des charges non urbaines qui pesaient sur elles, au dehors, ils ne cessèrent de faire des tentatives pour assurer à la ville par la Scarpe une voie commerciale facile, et plus loin encore, en vue de créer des débouchés à lindustrie fondamentale de la draperie, ils s'efforcèrent d'obtenir des privilèges des rois anglais '. Cette pohtique se manifeste encore au xrv^ siècle, mais avec beaucoup moins de force, en raison de l'amoindrissement d'expansion urbaine *. Cependant, et même après le retour de Douai sous la domination flamande, la ville pubUa encore pour sa fabrication drapière une nouvelle réglementation, ou tout au moins en partie refit l'ancienne ^ ^. Les ordoiuiances de cette époque qui visaient, sinon à traquer la fraude, mais à renouveler la fabrication sur nombre de points, demeurèrent sans doute aussi superflues quelles étaient longues et détaillées, parce qu'elles ne répondaient plus, au fond, à des besoins réels et quelles ne pouvaient plus guère faire sortir quelque cho.se de rien. Il était difficile que le droit
1. Voy. ci-après ■ 2" ■, et j>lus loin § 2" *'' : |)oiir la draperie, § 35, 2".