‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 14 sur 993 · Htcuril · texte numérisé non relu

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répétition du principe que nous avons déjà fait remarquer. De cette idée fondamentale découle une application pratique : c'est, semble-t-il, ce qu'on peut appeler l'interdiction des monopoles et des accaparements. Elle ne se trouve pas exprimée dans toutes les branches du commerce et de l'industrie, mais elle l'est assez fréquemment pour qu'on puisse lui attribuer une portée tout à fait générale. A l'égard tout d'abord des denrées alimentaires et de la plus importante, le blé. le chiffre journalier que peuvent acheter les boulangers ou les marchands paraît être exactement fixé, et même, si au moment de l'achat, « il sorvenist » un particulier qui leur fait la demande d'une certaine quantité de cette denrée, les acquéreurs précédents sont tenus de la lui céder ; par comparaison, un individu ou une société n'ont aucunement le droit d'effectuer simultanément deux achats sur le marché, de façon à pouvoir « rafler » une partie trop considérable des denrées qui s'}- trouvent ^. Le blé est une marchandise si nécessaire et les famines sont si fréquentes à cette époque que les interdictions d'accaparement ne sauraient être douteuses, cette matière surtout devant domier lieu à un commerce de gros ^. Au sujet des saumons exi.ste une disposition absolument précise '. S'il en arrive seulement six dans la ville, on doit les y vendre sans les exporter ; ce n'est que si l'on en amène de six à huit que le commerce est autorisé à emmener les deux en plus ; si enfin il en vient un nombre supérieur à huit, la quantité dépassant ce chiffre peut être gardée jusqu'au lendemain dans l'intention évidente de voir si on ne les achèterait pas dans la ville, et probablement aussi a-t-on \cl droit d'exporter la différence entre les six qu'il fallait toujours garder et les huit. Il paraît donc à peu près évident que six saumons formaient la quantité nécessaire consommée quotidiennement par les habitants et que ce chiffre devait à priori leur être réservé. Enfin, les pres-

2. Voy. plu.s loin § 27 •> et 28<I. •). P..I. 253" ; joindre § 20, 42.

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criptions les plus nettes paraissent se rencontrer au sujet d'une matière première très nécessaire et donnant lieu à un commerce considérable, le bois. De toute la « laigne » importée par de simples « bourgeois » ou par des « hom de mestier », les industriels qui en sont les principaux consommateurs, brasseurs, boulangers ou teinturiers, les uns et les autres, particuliers et fabricants, n'en doivent prendre, sous serment, que la quantité nécessaire, en principe, à leur u u.sage » personnel ou économique : on croirait même que plus exacteintnt un tiers ou une moitié restent disponibles pour le « commun » en vue de la consommation courante ; si donc à l'exemple de ce que nous avons constaté pour le blé. les particuliers en demandent sur cette quantité, les importateurs ne sauraient refuser de les « aider *^ ». D'autre part, on fera probablement rentrer dans le même ordre d'idées les restrictions quantitatives imposées aux " revendeurs » dans leurs achats de quelques denrées alimentaires ^ et peut-être aus.si certaines obligations, assez obscures au reste, de maintenir en vente des marchandises pendant un temps déterminé pour que chacun puis.se, au besoin, se les procurer facilement *. Ces diverses prescriptions visent toutes plus ou moins nettement à empêcher quelques trafiquants datïamer la communauté pour leur unique profit *.

1. r.,I. 2(iii'-" 2t!2'*. *'-** ; joindre 2«3 (« ama8m> de laUne» •)•

2. Voy. iviit-f'tre encore pour d'Riitr<>« dennV» alimentnireii. le« menum driirfWw, P..I. 487*; Hrrnrit, ii" 322'; les pois-son-s dVim douct». l'..J. 251', 401»* ; iiiiin.. I.- h\i: 47' (r).

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