I. r.j. ou
que la somme réellement prêtée : on l'a déjà spécifié, il convient de le remarquer, au sujet des Cahorsins. H serait très admissible que ce principe, appliqué d'ailleurs dans des conditions inconnues, ait été celui dont les prêteurs se serv^aient habituellement. Mais l'usure est encore « prendre plus deniers ke le cateil » et alors, sans aucun doute, ouvertement on fait une avance à intérêts non déguisés, reconnus. Enfin, dit-on, l'usure consiste « à vendre li grain plus chier le jor que on en donne ». Sans doute écoulait-on la denrée en question à un prix plus élevé que celui qui était officiellement coté, ou inversement ne cédait-on qu'une quantité de matière inférieure à celle qui, en raison de la somme d'argent versée, aurait dû être remise. Peut-être l'importance particulière du commerce des blés à Douai permettait-elle de se livrer sur cette marchandise à une sorte de spéculation ou de jeu commercial de nature usuraire. En somme et tout naturellement, les trois principes précédents revenaient au même : d'une façon générale, les apparences et les réalités ne correspondaient pas. au profit du prêteur, au détriment de l'empranteur.
D'une façon absolue, l'usure était donc interdite, au moins dans certains cas. On spécifie en effet, vers 1275, que les individus, qui .se « mellent de deniers prester à usures sor wages », ne peuvent devenir maîtres drapiers ^ : sans doute avançaient-ils de l'argent à intérêt, moyennant ime caution spéciale faite par le débiteur sur certains objets. Puisque de telles pratiques empêchaient l'exercice de la noble industrie de la draperie, elles étaient évidemment blâma})les et relativement punies : elles n'en existaient pas moins cependant et d'une façon ouverte et en somme presque légale. Faudrait-il donc en conclure indirectement que l'u.surc proprement dite consistait à prêter avec intérêts sans gages ? Mais ce ne pouvait être sans gages de l'emprunteur, car il serait beaucoup moins blâmable moralement de la part du prêteur de réclamer des intérêts à un débiteur qui n'aurait fourni aucun gage que de