Voy. ri-clofuiu
fructueux, un mo}en de plus de faire valoir les revenus que leur procuraient leurs propriétés, leurs rentes ou leurs entreprises commerciales, mieux qu'à de véritables banquiers ; en d'autres termes, ils accordaient sans doute ces avances plutôt en raison de leur situation sociale générale que par mie réelle profession mercantile. Cependant, pour eux-mêmes, les sommes considérables que de temps à autre ils avançaient à la noblesse locale ou la multiplicité des petits prêts qu'ils consentaient à des individus d'envergure plus modeste, en faisaient tout au moins de véritables capitalistes qui, à certains moments, pouvaient avoir en circulation des quantités d'argent assez grandes et qui, sans doute, en gardaient d'autres également importantes en réserve ^. Une preuve de leur influence à ce sujet dans la ville même est, on le sait, l'existence de règlements relatifs aux k fuitius », aux fugitifs pour dettes, qui partaient sans paver et qu'on saisissait ^. Indirectement, cette extension de la banque privée, son mélange à la vie ordinaire, en quelque sorte, rendirent lors du plein développement de cet organisme, des banquiers proprement dits sans doute moins nécessaires. On peut conjecturer que telle fut la situation au xm^ siècle. Il est en effet assez singulier que tandis qu'un très grand nombre de prêts consentis par les patriciens ont été conservés, c'est à peine si une quantité absolument infime accordée par les changeurs nous est parvenue, et tous ceux qu'ont pu octroyer les Cahorsins ont certainement disparu. Pendant la période suivante, au contraire, la décadence du patriciat accrut probablement l'importance des véritables banquiers ; aussi a-t-on des exemples d'emprunts divers consentis par différentes séries de créanciers et conservés, dans chacune
1. C'e,st ce que montrent en particulier les plainte.s déjà examinées (voy. t. I, 24fi) du patricien J. Le Blond, qui est un grand préteur d'argent (P.J. SO.*)) ; maiH son énmiiération de ses divers éléments de fortune jointe à SOS avances montrent bien que ces dernières ne constituaient pas son unique occupation économique ni, par suite, son profit exclusif ; en particulier pour les prèt.s, voy. les § 6-7 et 12.
d'elles, en nombre relativement élevé. Kn même temps, sous le rapport réel, dans cette partie de la vie économique comme dans les autres, on constate, .semble-t-il. une diminution d'expansion, par suite un certain rétrécissement, qui parai.ssen| se manifester par la disparition complète des prêts au dehors : la vie pécimiaire n'a plus qu'un rôle intérieur.
Quels que fussent l'origine et la fin de ces avances, le milieu des emprunteurs ou des créanciers, du côté juridique tout d'abord, les prêts s'accomplissaient toujours dans les mêmes conditions, reposant en elïi-t et sans exception sur le principe fondamental tk' l'obligation. Du point de vue économique, l'élément essentiel qui résumait au fond presque toute la question de l'argent était celui de l'intérêt. Or. d'une façon exclu.sive. pendant la plus grande partie de la période qui nous occupe et très généralement encore à son achèvement, il est hors de doute qu'en principe et légalement on ne devait pas percevoir d'intérêt, et qu'efîeetivement. en apparence du moins, on n'en prélevait pas : une avance rendue dans les délais convenus pouvait être réellement considérée comme un don. Qu'il ait existé d'ailleurs des moyens illégaux et inavoués de gagner sur la somme prêtée, même rendue régulièrement, rien n'est plus ])robable. mais on en est réduit encore sur cette question à mie simple su|)position générale et son iiicnic (l'application demeure tout à fait inconnu '. Puis, dans la seconde moitié du xiV siècle, si le système précédent reste, on le .sait, le plus souvent en vigueur, il semble que la nuvjeure partie des prêts consentis par la banque des orphelins et spécialement les avances remboursables à volonté, toujours, il est vrai, accordées dans un but charitable par les prêteurs, mais k l'occasion d'affaires quelconques des em|)runt«'urs. commencent, sans rien «-xagérer, à dénot<r un certain changement : l'usage de l'intérêt ouver-
I. On \to\\t mi|)|K)«"r <|iu', Dolon un uha);)' fri''<nii<nl, lo» inK'rt't» §o trouvai<>nt confiindiiii avec ie ca|>ilnl (Mun-I, /.;« Lombards, 74).
tement demandé et consenti paraît s'introduire peu à peu et devenir lentement une chose parfaitement légale.
F) Les moyens de transport.
a) hf rommrrrp par terre
De cette première forme de trafic, nous ne savons que très peu de chose. C'est ainsi qu'au .sujet des routes ellesmêmes, on ne mentionne que " le caucie. le chemin ki va de Doai à Rai.sce » et de là à Lille ^. Le tran.sport des marchandises pouvait se faire sous deux formes générales distinctes qu'on qualifierait d'activés ou de passives : les objets de commerce se transportaient ou étaient transportés. Les premiers, et par grande exception, étaient forcément les seuls bestiaux : en l'espèce, on nomme surtout les « foucs de biestes », de brebis ou de moutons venant de Normandie ^. Les seconds étaient régulièrement le reste des denrées. D'après le vieux tonlieu du marché, nous donnant les renseignements à la fois les plus anciens et les plus circonstanciés ^, cstte circvdation des marchandises se faisait .selon quatre formes différentes, qui allaient en augmentant graduellement d'ampleur, en quelque sorte, et qui variaient suivant les modes de traction : dans un cas. il était humain, dans les trois autres, animal. D'un côté, c'était « chou ke porte sor sên kief » « le peteron ■* » ou. sous une forme ])lus précise, " li some u li torsiaus ke li hom marcans porte desriere lui torseit ' » ou. enfin, k le fardeel de homme ® », emmené évidemment dans lune des deux positions précédentes. En second lieu, et tout d'abord le « peteron » encore intervenait
1. P.J. 1112. 1218. U46; FiiUDires, l'.J. 41)1; Brft.s,s:.rl. Preuves, t. II, n" 142.
2. P.J. 254''' ; cf. .. li cens de biestes » (Finance». P..I. 08*).
3. P.J. 300 ; joindre P.J. 223». 153fi, et Finances. P.J. m*'.