‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 17 sur 993 · a. pliwloin · texte numérisé non relu

a. pliwloin

certainement crun point de vue personnel, dans le reste de la vie économique, ils considéraient peut-être surtout l'intérêt du public : dune façon générale, ils voulaient que chaque profession vécut d'une vie égoïste et isolée.

On a toujours là le résultat d'un ordre supérieur et non pas la conséquence d'une jalousie entre les métiers eux-mêmes ou, en d'autres termes, d'un état corporatif. Car l'interdictipn du cumul se complétait, en somme, par l'absence très accusée des corporations et ce point est l'une des caractéristiques essentielles de l'état social ^. Si. en effet, dès le milieu du xixi^ siècle, quelques unions .semblent bien fonctionner, si. à la fin de la période suivante, les tendances au développement des associations professionnelles .sont indéniables, ce ne sont très généralement encore que des mouvements préparatoires et assez vagues, et bien que des groupements mieux organisés se rencontrent également, non seulement leur nombre est très modéré, mais leurs droits sont également très relatifs : une corporation juridiquement complète n'existe peut-être pas encore. Apparition tardive, nombre restreint, pouvoirs limités, tels sont certainement les caractères des unions sociales. Les exceptions ne se justifient même qu'assez malaisément, tandis que la règle paraît pouvoir s'expliquer d'une façon plus nette. Elle ne doit pas tenir, on le verra, à des motifs proprement économiques, mais à des causes surtout sociales et aussi politiques, c'est-àdire, en général, au développement certainement encore modéré des associations corporatives à cette époque et, en particulier, à l'opposition probable des chefs de la cité à leur expansion. De même qu'on interdisait le cumul des objets. la concentration des personnes n'existait pas ou était défendue.

De cette exi.stence absolument exceptionnelle des corporations résultait que bien qu'étant rigoureusement renfermé dans une réglementation communale, le travail restait tout

1. A ce sujet, voy. pour plus de di^tails. plus loin § 34. 1" "b, pt pour la draperie, § 40, 2».

à fait libre : sauf quelques cas purement juridiques ^. il n'y avait aucun motif économique ou social interdisant à qui que ce soit d'exercer une industrie ou un commerce quelconques. On ne constate en somme aucune mention d'une sorte d'examen, d'inspection préparatoire des connaissances techniques nécessaires au bon exercice d'un métier : tout au plus, de temps à autre, voit-on énoncer que le futur industriel ou commer(,-ant devra " fiancier » qu'il accomplira, comme toujours, sa besogne » bien et loialment '- » : c'est à ce point que se réduisent les conditions exigées, qui paraissent être tout autant morales qu'économiques. 11 est vrai que. pour le pa.s.sé. la maitri.se, si l'on peut employer cette expression, a pu être précédée tlun apprentis.sage, mais l'obligation de ce dernier n'est indiquée nulle part. et. en fait, les mentions que nous en trouvons, même dans la draperie où cet état préparatoire semblait particulièrement nécessaire, et surtout en dehors d'elle, n'ajiparaissent guère qu'exceptionnellement ^. 11 est vrai aussi que même si l'apprentissage n'était pas obligatoire, le petit fabricant ou commerçant ne pouvait pas faire autrement que de connaître ses règlements sans s'exposer à être la première victime de son ignorance : s'il ne devait pas être tenu de .-ic les être assimilés en droit, il était obligé de les avoir appris en fait. Mais, en tout cas. il n'y a pas de doute que. sous le rapport numérique, i'ucime limite légale ne parait avoir été apportée au nombre des petits industriels ou vendeurs, sauf peut-être, et on le constat* d'ailleurs seulement à l'extrême fin du xiv<',siêcle. dans Tunique métier dva bouchers dont les étaux étaient héréditainM *. Ix's échevins avaient plutôt intérêt à voir augmeiiter le nombre des petits fabricants et nuireliands. cliaeun ne devant ainsi que réali.s<'r des bénéfices moindres et acquérir à fous égards qu'un pouvoir économique inférieur. Aussi, comme

I. Voy. f 34. I" "•. Pt. pour II» ilr»|MTi<'. § 40. !"»»>. •i. l'.j. 2«2*». 27»'. 4311». I47:i'.

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