‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 18 sur 993 · Voy. f 34. l-Bb · texte numérisé non relu

Voy. f 34. l-Bb

nous l'avons remarqué, il ne semble pas que la révolution de 1297 ait établi ce que l'on pourrait appeler la liberté des métiers, pour la seule raison quelle n'avait pas à la constituer ^. Quoi qu'il en soit, l'état antérieur ne paraît pas être douteux : entraient dans les affaires qui le voulait et tous ceux qui le voulaient à leurs risques et périls, sans aucune condition préalable, sinon celle d'observer les règlements, mai.s c'était là une obligation juridique et nullement sociale. Cette liberté cependant, il faut le remarquer, paraissait rester très relative. Elle regardait presque uniquement l'origine du travail et non son exécution, l'entrée dans la profession et non pas la vie dans cette dernière. Une fois affilié à un métier, l'intéressé se trouvait pris, comme emprisonné dans les stipulations officielles : elles le liaient sous tous les rapports ; il n'avait au fond aucmie indépendance pour échanger, fabriquer ou agir comme il lui convenait ; il n'était assurément pas l'homme d'une association privée, mais il devenait bien celui des règlements urbains. En outre, de cet état individuel devait découler, autant qu'on peut s'en rendre compte, une conséquence générale. L'universalité et la minutie des règlements, leur extension et leur précision et, bien entendu, leur application personnelle collective, ne pouvaient qu'amener pour tous une sorte de nivellement. Assurément, sans vouloir pousser les choses à l'extrême, le commerce comportait forcément ime liberté relative supérieure à celle de l'industrie ; dans une même profession, la vente pouvait être plus variée que la fabrication, mais ces distinctions n'étaient que secondaires. Dans l'ensemble, de par les ordonnances intangibles, méticuleuses et imy)ersonnelles, chacun ne devant travailler que comme autrui, peutêtre moins, mais sans dout« guère davantage, restait probablement à peu près .semblable à ses compagnons de métier. On peut a'nsi admettre que la concurrence était réduite au minimiuii Finalement, l'absence de liberté entraînait l'éga-

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