Sur cette borne. Finances, 191. n
6. \'oy. deux lettres royales du 10 août 13.55 et du 7 déc. 1350 (Arch. départ, du Nord , fonds de Slarchiennes, carton 0).
186 LA VIE XTREAINE DE DOrAI
châtelain, d'empêcher les religieux d'y faire tout changement contraire à ses intérêts, c'est-à-dire d'abais.ser le niveau du pont en vue de percevoir un plus grand nombre de taxes. Néanmoins, comme à ce moment il tombait en ruines, et soi-disant pour obéir aux réclamations des voituriers qui, au contraire, le trouvaient trop haut, le monastère le reconstruisit en l'abaissant. De là, plainte de la ville au lieutenant du souverain bailliage, qui donna raison à la communauté et fit défaire le pont. Le monastère, à son tour, le fit refaire en en appelant au Parlement : celui-ci lui donna raison et le passage resta désormais tel quel. En second lieu. j)lus en aval, près de l'abbaye de Saint-.\mand, à un endroit dénommé <( le trou de Marillon * n, se trouvait placé un « edefyce » composé exactement de « sept plankes,.. et chascune de sept paus de haut », mises horizontalement les unes au-dessus des autres. Il retenait l'eau, formant peut-être en effet un « trou « en avant, et en faisait « desvoiier » habituellement une partie dans une dérivation menant à un moulin des religieux ; d'autre part, on était obligé de l'enlever pour le passage des bateaux : en somme, il constituait un pertuis^. Or. en 1324, les moines, dans l'intention certaine d'augmenter le débit de l'eau qu'ils utilisaient, surélevèrent le barrage à un point
1. P.J. Ilil4l0l.''> ; lf«8 autro» pièces relative» à l'origine de cette affaire ae trouvent aux Arrh. comni., UD 308 : joinilre le« ileu.N n. ci-aprf-s.
2. Peut-Atre eet • eUefyee • nV<tait-il autre chose que ce qu'on appelait le . rabat • (déversoir). • Do cancune iieif ki pasHe au rabat kerkie, »iet d. Et se li mosnierH de Marcillnn oote les plankes et lour aive, il en doit avoir un d. » (Tonlieu de 1271. § 7: WarnkceniK-Olieldolf, II, 471). Dan» une pièce de 137(1 environ intitul<''<> : • L<' manière de gouvrener les Iraux de Marillon et de ThunH , on lit : • ... .Vu desNUS et près |de S'-.Amand] e«t scituè en leclicte rivière le rabat et Iran coni dinl de M., iiuquel les dix religieux... avoiont acouHtuinè... à mettre plancques... ; n'twtoient le» dietett plancquea o«t«'«e8 don dit trau fors A paswr nefs à certaine lieun- wlnnc l'ordonnanche de le dicte rivière r-t au.Hsi Iroix foin r«n tant «eulement. e'i'St luwaviiir Noël, l'asquen. l'entecnuiile. A ctiacunne fois par Mil jours coiilinue». que toutea les dictes plaiiequi-s cHlnienl iisliVs Imrs d<>u dit trau et couroit 1y yaiiwe aval A se voient*^ sans empi'sclienienl • (Cartul. de l'abbaye de Saint. Ainand : Arrh. ilrpart. du Sont, st'-rie H, non col<^, I. II, fol. 12 : copie. HiM. nation., Nouv. Bcq. lai., n» 1220, t. 11, p. IfllH; publ. Prale. />roi7 (/'rau. P.I. B8). En l3tlH, . pour ce que les yauwM se tenoiont grosses ., A la suite de nVlanialioiw di's liabitanis du pays, on modifia ce régime dans un «cnii plu» libéral (Id., iWrf.^.
tel que le pays environnant fut inondé et la navigation interrompue. On se plaignit au bailli de Douai, dans la circonscription duquel se trouvait l'endroit litigieux ; il vint sur place, adressa les observations voulues aux religieux, qui « respondirent assez despiteusement qu'ils n'en feroient riens et qu'ils n'obeiroient de rien à ly ». L'agent public prit des « ouvriers » pour remettre les choses en l'état, mais le prévôt et le maire du monastère « vinrent avec grand plenté de gens armées » et, malgré l'opposition de leur adversaire, ils arrêtèrent les travailleurs. « car la force estoit à eaus », et ils ne les tinrent pas moins de quatre mois en prison. L'officier roval obtint alors quelque aide militaire, non seulement de Douai, mais des « six villes », des six villages aj-ant la jouissance commune des marais voisins de Flines, et intéressés également dans la querelle comme ajant « leur pastourage sour la dicte rivière ^ » : dans ces conditions, le bailli enleva l'obstacle et ( defïendi de par le ro\ » qu'on le remit. Le représentant du couvent qui se trouvait là « commanda tantost le contraire » ; l'agent du pouvoir souverain mit la main sur lui ; l'autre lui dit de l'ôter (( u il le feroit oster en tel manière que li diable l'emporteroient ». Le bailli attesta la violence faite au roi en sa personne ; les religieux de leur côté se plaignirent à l'autorité publique. Finalement, en 1331, le Parlement condamna les pouvoirs urbains et ruraux à de fortes amendes envers le roi et l'abbaye, ainsi qu'à la restauration du barrage dans sa forme antérieure 2. Dans cette affaire, l'état des esprits, les mots échangés, les faits accomplis sont en soi assez significatifs pour fournir par eux-mêmes une conclusion et une appréciation.