‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 197 sur 993 · Cf. Huvelin · texte numérisé non relu

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pour le vin. Le contraire serait peut-être plus exact. Bien entendu, nous ne revenons pas ainsi sur nos précédentes remarques : l'étape des liquides avait en principe un caractère surtout financier, en ce sens que seule la perception des droits paraissait être obligatoire et non la vente. Mais, en fait, si l'on observe qu'il était infiniment plus aisé aux Douaisiens. par .suite de la différenee d'origine géographique des marchandises, de se procurer des céréales que des vins, le fonctionnement d'une étape sur les boissons seule intéressait l'approvisionnement de la ville. Si donc les deux institutions avaient certainement une nature avant tout fiscale, la première, que la nécessité de la vente s'y montrât ou non, présentait un caractère économique qui, malgré l'existence de cett« même obligation dans la seconde, manquait au fond entièrement à celle-ci. Au contraire, l'emploi de la taxe d'exportation accusait encore la nature purement financière de l'étape du blé : le paiement de deux impôts, t«ls devaient être son but et sa fin réels.

Et cependant, malgré ces différences, on ne sera pas sans remarquer qu'aux environs de 1400. sur l'étape du blé repo.se non seulement le produit de l'aSsise de cette denrée, mais au.ssi celui de tous les autres impôts indirects similaires et mieux encore tout l'état économique urbain, c'est-à-dire la situation même de la ville '. Par conséquent, bien que l'assise du blé fut (M'aucouj) moins fructueuse financièrenu'nt que celle du \ in. le revenu de la seconde devait dépendre, au fond, des produits de la première. On peut donc conjecturer que la productivité de cette marcliandise de consomination courante qu'était le blé faisait varier proportionnellement les achats de cette denrée de luxe que constituait le vin. Aussi, pour revenir prcs(|ue au point de départ des comparaisons précédentes, du côté économique, les deux étapes jiré.sentaient sans doute non seulement une similitude il'origine, mais un lien véritable.

I. Viiy. l'cxiiow' do la ooncctuiioii d'iino niwiw, fnito le 2 f<^vri<>r Mil par .l-'iiii MiitK i'i'tir II lu ville et reproduite ilnriH Finance», 263, n. 3.

Une troisième étape aurait été celle du bois, mais il convient de le dire aussitôt, on ne peut émettre, non pas même sur les détails de son existence, mais sur sa simple réalité, que de pures hypothèses, car, non seulement tout renseignement précis manque absolument à son sujet, mais elle n'est mentionnée en aucune circonstance. Quoi qu'il en soit, on constate ^ que tout le bois consommé à Douai provenait, soit surtout directement de la vallée inférieure de la Scarpe, soit aussi du nord-est et du nord-ouest de la ville, de la plaine entre Douai et LiUe ou de l'Ostrevant. Cette région de production formait une sorte de demi-cercle qui s'étendait au nord de Douai jusqu'à la hauteur de la fin de la rivière. Le bois arrivait en général par eau et on sait que son transport donnait lieu, au profit du châtelain, à la perception du droit d'euwage '^. Parvenu à Douai, une partie en était évidemment consommée sur place ; quant au reste, on en ignore la fin. Les règlements relatifs à la vente du bois n'offrent rien de particulier. Le mot d'étape n'est jamais prononcé et aucun droit non plus ne paraît exister, qui permette indirectement de croire à l'existence d'mi tel organisme. Cette sorte de concentration de tous les bois d'une région pouvait donc être aussi bien un état naturel correspondant aux besoins du commerce douaisien, qu'une organisation artificielle. Dans ces conditions, puisque rien ne montre documentairement rexistence d'une étape du bois, il n'est peut-être pas nécessaire de la suppo.ser.

Cependant, n'est-il pas possible d'interpréter autrement les indications précédentes ? Cette attraction que Douai semblait exercer sur le commerce du « laingne » et de la « raime ». tout en ayant, bien entendu, une origine économique spontanée, pouvait s'être tran.sformée en un trafic légalement organisé. De même que les régions au sud de l'agglomération donnaient du \in comme ses environs phis iminédiats produi-

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