Id.. § 1 et
4. Remarquer qu'en Allemagne li' leniie Slapd a le double sens de « droit d'étape • et de simple ■ dépôt de marchandises • (Hafemann, 17).
rencontre aucun motif plausible de l'existence d'une étape des laines à Douai.
Quoi qu'il en soit, si l'une des quatre étapes désignées était sans doute purement nominale, si luie seconde restait assez hypothétique. Douai était vraiiiieut le siège de deux autres. Son rôle à ce sujet, sous sa forme la plus générale, venait certainement de .sa situation intermédiaire entre la France et la Flandre, entre le bassin de la Seine et celui de l'Escaut. D'une façon plus précise, il était la conséquence de la position de la ville sur la voie qui paraissait bien être le chemin le plus direct entre les deux contrées. Enfin, tout à fait exactement, il résultait de la situation urbaine au point de réunion de la route terrestre et de la route fluviale, qui se continuaient l'une l'autre. Mais la seconde semblait avoir une importance bien supérieure à la première. En principe, une voie d'eau est un moyen de communication beaucoup plus déterminé et fixe qu'une route de terre qui, en quelque sort*, peut se déplacer : on doit toujours se servir de celle-là dans de semblables conditions, mais il n'en va nullement de même de celle-ci. t)r. Douai, pendant l'époque qui nous occupe, fut bien plutôt .soumise à la Flandre, contrée du chemin fluvial, qu'à la France, région de la voie terrestre. Elle subit davantage l'influence du pays sur lequel se dirigeaient les eaux de la route à l'origine de laquelle elle se trouvait, d'autant mieux que la ((liant ité et l'importance des marchandises arrivant dans la \illc pour s'y cmbartincr sur|)assaient de beaucoup le nombre et la valeur des denrées amenées jusqu'à l'agglomération en vue d'y être déchargées pour prendre la voie de terre, si même il y en avait. L'action de Douai comme ville d'étape vint ilonc bien plus de sa situation au commencement d'une voie fluviale, qui pennettnit l'écoulement des marchandises amenées au point de départ j)our tout le pays à parcourir, que de sa position à la fin de cette même route, là où la cité pouvait .servir de lieu d'arrivée aux denrées provenant de la contrée précédente. S<in rôle à ce sujet résulta, en somme, de ce (jue, dans une région mixte, servant de tran-
sition entre deux paj-s, elle était, selon des conditions de plus en plus précises, un lieu de passage, un point de transbordement et un endroit d'épanouissement et non de concentration pour le commerce. En conséquence, Douai, ville d'étape, doit plutôt être considérée comme une agglomération fluviale que terrestre ; la route qui passe par ses murs tire avant tout son importance de l'élément fluvial.
D'un point de vue général, il n'est pas douteux que l'étape ait eu une influence assez importante dans la fondation et dans le fonctionnement de la ville. A l'origine, elle se rattache presque forcément au portus et la part de ce dernier à la création de l'agglomération est bien probable. Postérieurement, sans l'étape du blé, il semble que. dès le xiv^ siècle, la ville aurait à peu près perdu toute importance. Le rôle de l'organisme que nous venons d'étudier dépasse donc une portée exclusivement commerciale et l'on ne peut s'en étonner, puisque la nature d'un centre urbain tel que Douai faisait que tout phénomène économique un peu essentiel intéressait la cité dans son ensemble.
H ) La vente.
a) Généralités.
Quelle que soit l'importance de la question de la vente, en laquelle se résume presque celle du connnerce tout entier, la pénurie de renseignements ne nous permet guère de formuler un ensemble de règles générales à son sujet, ou d'en émettre que l'étude des autres parties de la vie économique ne nous ait déjà fait connaître.
En ce qui concerne son organisation intérieure, tout d'abord, avant la vente, on ne sait si du côté industriel la confection des objets était, en principe, suivie de l'apposition d'une M ensaingne », d'une marque de fabrication. En fait,
on constate cette obligation pour quelques métiers indépendants, les potiers d'étain, les orfèvre-s ^, et pour certaines professions salariées de la draperie -, sans que d'ailleurs, à l'égard du moins des premiers, les détails de l'application soient connus et puissent être supposés. Mais ensuite et pour l'ensemble de l'économie, on se souvient au contraire qu'une règle absolument essentielle et générale était celle d'une inspection destinée à assurer la bonne qualité des marchandises '. En dehors des sanctions possibles déjà connues, cet examen était complété et attesté pour toujours en vue de la vente, du moins on l'observe dans certains cas et on peut le conjecturer pour tous, par l'apposition d'une marque *. Tout à la fois, on " eswardait » et on « signait, enseignait ou seelait » d'une « enseigne » ou « seel * ». Ces derniers étaient dits, en principe. « de le ville ». mais en .somme ils étaient plus particulièrement de chaque u mestier". Aucun spécimen ne nous en ayant été conservé, leurs formes exactes sont inconnues ; cepend nt, pour l'orfèvrerie, on utilisait un " ponchon» servant à " enseignier » les objets, et peut-être en était-il de même pour les toinieaux de vin ". Au contraire, dans l'économie du cuir, puisqu'on interdisait de « couper » la marque, c'est qu'elle devait être vraiment un ^ sceau » appendu ' ; il n'en allait .sans tloute pas autrement au sujet des étoffes '. On distingue d'ailleurs pour le cuir encore, l'enseigne non qualifiée de la « maise " ou < petite ». celle-ci applicable aux marchandises " luiiiiis ()ue souffisantes >•. l'autre par conséquent aux bonnes *. Les diverses marques se trouvaient mises en lieu Miuffi.s.saiit " également, au booiii .. cnfrunict