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laine, ils sont avant tout des entrepreneurs de draperie. Mais les richesses qu'ils acquièrent dans ces conditions leur permettent aussi de diriger la vie proprement jDécuniaire de la ville par des prêts d'argent aux travailleurs urbains ou à l'aristocratie territoriale ^. A cet égard encore, leur importance se manifeste par l'emploi qu'ils font de leurs revenus en achats de biens immobiliers, maisons, terres ou rentes ^. La vie sociale elle-même ne pré.sente peut-être pas de caractéristique plus intéressante que cette prépondérance dominatrice des échevins-drapiers-capitahstes, parce qu'elle doit être indirectement une des cau.ses. quoique secondaire, de la restriction des unions professionnelles. A ce moment cependant, la disciphne que les grands industriels maintiennent parmi leurs travailleurs, demeure assez énergique sans dégénérer en une véritable tyrannie, comme, du côté réel, les affaires sont assez prospères pour que les bons côtés de ce régime apparaissent seuls. Il n'en reste pas moins qu'autant l'élément proprement économique de la ville est développé et brillant, autant la partie sociale est négative et restreinte, mais la nature respective des deux ordres de choses se comprend aisément ainsi que leur liaison et leur dépendance mutuelles.
De ce qui précède, on peut, semble-t-il. conclure brièvement que Douai, par l'importance de la vie textile qui. sous toutes ses formes, faisait le fond de sa prospérité, par sa situation commerciale privilégiée sur une voie de transit fluvial, par sa richesse en capitaux qui permettait à l'intérieur le développement de ses entrepri.scs et au dehors en faisant le créancier de toute la région, et, d'un autre côté, par le parti, fut-il exagéré, que les chefs d'industrie savaient tirer de leurs emplo3-és, devait tenir un rang des plus appréciable dans l'ensemble incomparable des villes qui remplissaient la plaine flamande : ses patriciens avaient le droit de s'égaler à ceux des autres bonnes villes de Flandre.