‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 26 sur 993 · Cf. t. I · texte numérisé non relu

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Cependant, si des causes économiques firent la grandeur (le la ville, ce .^ont aussi des motifs de cette nature qui paraissent avoir été les premières raisons extérieures de sa décadence. Ils se manifestèrent d'abord sous une forme jiroprement sociale. Dès le début du dernier quart du xin® siècle, on sent dans l'organisation comme des flottements causés par l'abus que les entrepreneurs drapiers ont fait de leur omnipotence sur les petits fabricants '. Si, au début, l'énergie, que les auteurs directs du mal déployèrent pour y remédier et en même temps pour maintenir leur absolutisme, parut a\(>ir ramené une tranquillité au inoin-; apparente et permis au.x chefs de cis entreprises de leur redonner leur activité première, le rétablissement de l'état de choses an.ien n'eut que la valeur d'une simple trêve. Il semble en effet, que de même que. dans le cours du xiii^ siècle, tout s'était réuni pour a.ssurer à Douai le maximum de dévelojipement économique, à la fin de cette période, tout se joignit également pour produire le résultat contraire. Les guerres de Flandre * ne furent pas seulement, comme toutes les crises violentes analogues, nuisibles à la prospérité urbaine par les difficultés de tous genres quelles durent apporter, surtout au transit interiuitional ; mais, en raison de leur caractère de luttes de clas-ses, elles agirent au moins autant par les guerres civiles locales dont elles furent l'occasion plus ou moins directe, et qui eurent pour résultat immédiat et princi])al le bannisi^ement de tous les individus placés k la tête de l'industrie et du commerce, surtout de la draperie, A vrai dire, nous l'avons admis, si mal connus ([ue soient les événements de cette période, ils ])araissent plutôt avoir été des agitations d'origine et lie foruu- fi.scales. accomplies surtout par tles travailleurs, que des troubles dont la cause et le but intéressaient exelusivenient ces révoltés ; par comparaison, si une amélioration en put résulter dans le sort des intéres.sés, elle les affecta indivi(hiell( ment, mais n'amena la formation d'aucune liberté

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corporative en leur faveur. On ne doit pas moins conclure que les ruines particulières qu'entraînèrent tous ces bouleversements et les difficultés de tous genres apportées à la marche normale des affaires, ne furent que trop certaines.

La paix extérieure signée et l'ordre intérieur rétabli, on put sans doute se remettre au travail. Mais les conditions étaient trop différentes pour que les circonstances fussent aussi favorables qu'antérieurement aux guerres. Du côté économique, celles-ci, d'une façon plus ou moins directe, paraissent avoir été la cause et le début d'une longue décadence de la principale source de la richesse urbaine, assez apparente vers la fin du xiv^ siècle, et qui put se manifester surtout par la sub.stitution croissante du marché local au marché international ^. Inversement, à mesure que l'industrie textUe tout à la fois diminuait d'importance et changeait de caractère, devait se développer le commerce du blé qui, concentré à Douai, on le sait, comme dans le lieu d'étape de toute la région environnante, était expédié par la Scarpe et l'Escaut vers les Paj's-Bas. Avec le xiv^ siècle, il semble bien que toute l'activité proprement économique de la ville reposait sur ce transit, et que même la prospérité générale de la cité lui était étroitement liée ^. Cette transformation fut non seulement le principal, mais presque le seul changement accompli d'une période à l'autre '. L'état local ne semble pas avoir éprouvé de modification bien essentielle : on se contente, après « le retour de Flandre », de faire quelques nouvelles ordonnances, qui ne présentent guère de différence avec les bans de la période précédente. Quant au côté social, nous sommes extrêmement mal renseignés à son sujet. Le patriciat, la crise du début du .siècle une fois terminée, retrouva-t-il sa prépondérance passée et put-il jouer dans le commerce du blé un rôle aussi important qu'autrefois dans

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