oy. ci-de88Uii 342, n
« portent, mainechent ne envoient » ou qui y « vendent blé ^ ». Il existe donc bien deux sortes d'introducteurs de grains sur le jorum. Si Ton cherche à préciser, il est tout d'abord plus que probable que les facilités offertes par le commerce des céréales, dont la matière première tenait essentiellement au sol local, amenaient beaucoup de Douaisiens quelconques à être vendeurs de blé, en raison simplement de leur situation de propriétaires et non pas d'une condition spéciale de négociants. En particulier, de riches bourgeois, employant à cette époque leurs revenus en acquisitions de terres, se Uvraient peut-être à quelque trafic de céréales ; mais une simple hj-potlièse est seule possible à ce sujet, bien que des actes privés déjà signalés, mentionnant des échanges de blé, permettent de croire à la réaUté de cette conjecture ^. De plus, il paraît être assez significatif que si l'on mentionne bien des vendeurs locaux appelés « hom » ou » bourgeois », on ne les nomme jamais proprement « marchands >i. ce qui tendrait à faire croire que ces vendeurs n'étaient autres que de simples propriétaires *. Admettons donc qu'en général beaucoup de Douaisiens écoulaient directement leurs propres céréales au marché. Mais, outre les particuliers, il y avait en quelque sorte les techniciens, d'abord les « blaiers », dont on ne saurait d'ailleurs préciser l'origine ni la qualité exactes *, qui peut-être n'étaient que des sortes de régisseurs de terre à blé, et il en existait sans doute d'étrangers comme d'urbains ; puis, les meuniers, bien que leur intervention semble être assez singuhère *.
D'autre part, pour l'importation proprement dite, on mentionne en général des « estraingne », des « forains * », des « hom u feme deforain. qui a porte ne amaine grain el mar-
2. En théorie, voy. peut-i^tre les dispositions suivantes, qni parlent de vente sans rien spécifïrr du point de vnie personnel : P.,J. 47*, *, 248*. ^^, ^- 2492. i47:{io 22 29.30 . pour ),» pratique, cf. ei-dessus 330.
chiet », qui y « tiengne ne vende monstre de ble ^ ». H est assez difficile de préciser le rôle économique exact de tous ces « entremettans - ». Peut-être cependant pourrait-on les répartir en deux catégories essentielles. Au bas de l'échelle, c'étaient dabord les « péterons » et les « caretons » qui, nous l'avons supposé, venaient de loin et. en partie du moins, devaient être des producteurs et par suite les propriétaires de leurs marchandises. On les voit en effet se rendre au marché en « amenant » du blé. mettre leurs charrettes « là ù li tonliers devisera ". « aforer », taxer le grain, le « vendre » — il leur appartenait donc bien — , puis, après la réunion, retourner au besoin à leur hôtel avec le reste de la denrée '. Ou bien, ils peuvent aller d'abord chez leur « hôte » et celui-ci « aporte blé que le careton ait à vendre au marché » et quoi qu'il ne puisse être ni commerçant ni courtier et qu'il ne lui soit pas permis u de prendre en warde nul remanant de blé », il peut, par exemple, conseiller l'étranger qu'il héberge au sujet des ])rix *. Peut-être aussi venait-il des « blaiers » agissant alors pour le compte d'autrui. Et également les caretons pouvaient n'être que des u conduiseurs », simples agents de " marchands forains » : ces derniers n'étaient plus des producteurs, mais c'étaient eux qui, ayant acheté le blé dans les cinq lieues entourant la ville. « l'amenront et meteront en grenier * » : ils devaient être sans doute ces importateurs-exportateurs qui, nous l'avons dit. dans ces conditions, avaient la faculté d'emmener les grains sans les faire passer par le marché *. On ne saurait émettre à ce sujet que des conjectures et il importe également de ne pas considérer les textes d'une façon trop littérale. En tout cas. il existait bien prol>ablement des vendeurs locaux et étrangers.
Pour l'achat, la même subdivision doit se constater. D'une