P.J. 2031*, " I cf. ci-dessus
3. P.J. 253*'. Voy. également pour lo xaf s., des montions pures et simples (le ■ pi.ssonniers de mer > daii.s Duthillœul. Douai et Lille. 88-80.
n'est (lono nullement un marchand véritable, sinon en fait au moins en droit, mais il se montre d'une façon exclusive comme l'agent du sommelier, littéralement comme " son » agent. Le plus exactement, il semble être un intermédiaire, mais d'une espèce spéciale, i'uisque le pouvoir urbain ne ])araît intervenir à aucun degré dans sa nomination, on ne peut l'assimiler à un fonctionnaire. .\ ce titre, il serait as.scz eom])arai)le aux revendeurs, bien qu"éeonomic{uement il ne soit nullement l'un d'entre eux. d'autant mieux que le revendage du poisson était sans doute interdit. Ses fonctions le rapprochaient surtout encore des courtiers : non seulement son rôle général était suffisamment assimilable au leur, mais à leur exemple, il ne percevait que des taxes précises et fixes et on observe justement l'absence d'agents de ce genre dans le commerce des poissons. 11 tiendrait donc bien des courtiers et néanmoins, tandis que ceux-ci servaient d'intermédiaires entre des marchands .seuls, lui-même mettait en relations des producteurs avec des consommateurs et. par ee dernier côté, il était (le nouveau comparable aux revendeurs. De plus, tandis que le courtier unissait les parties intéressées simplement, le vendeur remplaçait absolument l'une d'elles auprès de l'autre : il reliait moins qu'il ne s'interposait et ne se substituait au producteur qui. par contre et à l'inverse du marchand ordinaire, ne se mêlait en aucune façon des échanges. 11 avait donc un côté beaucoup plus important et d'ailleurs, s'il avait été identique au courtier, il n'aurait pas reçu une dénomination particulière. Bref, il paraissait participer à la fois des courtiers et des revendeurs, .surtout des premiers, mais il était de la façon peut-être la plus précise, un représentant. En tout cas, il avait une nature assez complexe et unique.
Aussi, doit-on se demander la raison d'être de son existence. Elle tient peut-être à la ])rovenance et à la nature de la marchandi.se dont il s'occupait. On conjecturerait volontiers que si le sommelier qui, sinon produit, du moins apporte la dt-nré»'. ne si' mêle en aucune façon de lu vendre, c'est en
raison de son origine étrangère et. par suite, de sa méconnaissance de la clientèle locale. Si Ton objecte, et avec raison, qu'il existait d'autres produits également importés et même de plus loin, et qui cependant ne nécessitaient pas d'intermédiaires de cette nature, on pourra remarquer que l'obligation d'écouler immédiatement les marchandises et sans doute de repartir aussitôt pour en ramener de nouvelles ne permettait pas, en quelque façon que ce soit, à ce sommelier de demeurer sur place pour s'enquérir, à un degré même minime, des usages commerciaux : il devait s'en aller en effet au plus tard dans les quarante-huit heures, puisque la denrée ne pouvait être offerte pendant un temps plus considérable et que, d'autre part, les échéances avaient lieu le jour même des ventes. Il était d'ailleurs possible que le sommelier ne fût qu'un simple conducteur, sans aucune qualité pour écouler la denrée qu'il avait transportée. Aussi se trouvait -il naturellement amené à choisir un remplaçant. Mais ce dernier ne pouvait être qu'un pur agent se faisant payer dans ces conditions par de simples commissions. Si en réalité il ne semble pas très aisé de donner une explication absolument satisfaisante de cette organisation particulière, il n'est guère douteux que les raisons de provenance et de fragilité de la marchandise n'y aient joué un rôle essentiel.
Quant aux poissonniers de mer mentionnés, on le sait, comme par hasard, au xni® siècle du moins, le rôle qu'on leur attribue de la vente du poisson permet de les assimiler aux « vendeurs » ; à l'époque suivante, les indications de leurs achats faits à des étrangers domiciliés au dehors et accomplis probaljk'meiit dans des conditions directes signi lieraient -elles que les sommeliers ou les vendeurs primitifs auraient disparu : t)u bien ces poissons furent-ils amenés par les premiers, représentants des producteurs étrangers, dont les acheteurs douaisiens régleront postérieurement les créances ? on ne saurait le décider. En tout cas. au xiii^ siècle, l'organi-sation devait bien être celle que nous venons d'essayer de décrire.
f ) La boucherie *.
La boucherie nous est connue avant tout par un certain nombre de règlements du xiii*' sièele : la ville semblait accorder une importance assez particulière à cet élément de lalimcntation, probablement en raison du rôle qu'y jouait 1" hygiène -. D'autre part, à la fin du xiv^ siècle, quelques actes pratiques d'échanges nous ont été conservés.
Les II vives bestes ^ >' ou « bestes * » étaient d'espèces assez nombreuses. Les « aumailles ° », tout d'abord, devaient être les bestiaux proprement dits, sans doute « buefs, vakes, genices et vaus » : les uns et les autres ne sont nommés d'ailleurs que rarement ". ^'enaient ensuite les « porcs, pourehiei ', truie " et fresenghe ' » ou jeune truie ; les « bacons » pouvaient désigner un porc d'une espèce spéciale destiné à faire île la salaison ^''. Enfin, on mentionnait les « blanques bestes^'», sans doute les « agniel u, le cas échéant « de let '''»,
1. liiblio'jraphiv. .A<lli>r, l)ii Flrhch-Teurrunyapolitik tlir d. l^làdie, et les reclierclips citées tle Herzog et de Mayer.