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L'utilité de cette denrée était double, soit proprement économique, soit domestique. D'une part, divers industriels, cuveUers, charpentiers, brasseurs, boulangers, teinturiers, consommaient pour leur fabrication de la « laingne de mestier^ »; et des « bourgeois », des particuliers, s'en procuraient également ^. Mais les uns et les autres, selon une règle essentielle, ne pouvaient en « prendre » que la quantité nécessaire « por sen ardoir et por sen usage », pour leur travail ou pour leur consommation personnelle, c'est-à-dire, selon les règlements, le tiers ou la moitié de leur achat : ils « vendaient » le reste au commun afin « d'aider les gens aval la ville ^ ». Cette prescription était naturellement une conséquence de l'utilité générale de la matière première, en raison de laquelle on prenait toutes les dispositions destinées à empêcher l'accaparement.
Les négociants en bois, enfin, étaient de différentes sortes. En premier lieu, venaient les vendeurs. Dune façon générale, on parle soit de « bourgois, manans et forains qui amainent laignes », soit de « marcants ou vendeurs » de cette même matière *. Parmi les étrangers existaient des seigneurs laïques, tels que ceux de Lalaing et de Villers-Campeau ou « li fius Mgr Jehan de. Vavrin ». vendant « tous les preus et les pour fis ke il a el bos de Raisse * », ou des ecclésiastiques, à l'exemple des abbés d'Anchin ou de Hasnon ®, ou enfin de simples particuliers certainement propriétaires résidents '. qui tous cédaient à des Douaisien.-» le bois k tailiie » ou « à taillier » : ils étaient ainsi, dans l'ensemble, des producteurs exploitants ou de simples vendeurs. Mais sur place étaient aussi nommés des « marchans de bos * ». Encore en 1290. un « forestiers dou
1. TliLOrif : P.J. 260», 202" ; pratique, 1510, 1512 ; Recueil, n" 378.