‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 413 sur 993 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

plus posséder sur lui aucune rente ^. Cependant, en 1381 ^, un des rentiers, un chevalier, ayant besoin d'argent, voulant vendre une partie de sa « rente » qu'il « tenait », dit le comte, « en fief de nous, mais sans fief et sans justice », dut demander l'autorisation à son seigneur qui la lui accorda : la partie restante demeurait « en fief et en hommaige ».

Ainsi, lors de sa création, la rente est dénommée aussi expressément que possible un « fief » ; quoique donnée à un membre de la commmiauté nouvelle, à un bourgeois, elle le fait rentrer, lui et son bien, dans le système féodal, auquel appartenait primitivement la propriété sur laquelle repose le revenu ; elle fait du bénéficiaire personnellement un fidèle du comte, l'astreint à toutes les obligations du régime féodal et à l'égard de son bien, l'exempte de la juridiction urbaine : c'est un véritable retour en arrière. Ensuite et à titre juridique, le propriétaire et son bien prendront un caractère communal, de toutes façons pour le premier, en temps normal seulement pour le second ; en temps anormal, aux mutations, la nature primitive reparaît : le lien n'a donc pas été tout à fait rompu. Comme le remarque en effet ingénieusement l'acte de 1381, la rente étant tenue du pouvoir public. Test en principe, naturellement, « en fief » ; mais, en fait, elle n'en constitue plus un et n'entraîne plus aucun service de fief et de justice. C'est que économiquement, en somme, avec l'introduction d'un cens, le nouvel état de cho.ses a accompli son œuvre et finalement le fief à obligations naturelles anciennes est devenu un héritage à charges pécuniaires nouvelles, presque complètement et du moins en soi, car il continue à être « tenu » du pouvoir public. La persistance de ce dernier est d'autant plus intéressante, son intervention est d'autant plus significative qu'il n'a plus vraiment qu'inic autorité « éminente » et cependant on voit quel privilège réel il en retire, même à l'exclu.sion complète du ])r()priétair(' véritable, le prévôt : c'est toujours la dilïcrencc de la haute justice et

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de la police, attestant clairement la supériorité de l'une sur l'autre. L'évolution de cette rente constitue donc un mélange assez complexe et bizarre ; mais son cas est évidemment exceptionnel et, à l'époque historique, la presque totalité des biens du même genre doit ressortir exclusivement au droit urbain.

Cette production des rentes par la propriété, cette dérivation des premières de la seconde, entraînaient ainsi entre elles une identité économique presque absolue, comme une similitude de leurs relations politiques, en quelque sorte, avec leurs propriétaires éminents. Mais une telle origine amenait au contraire une différence entre les rapprts juriiliques tles deux genres de détenants, avec la propriété seule d'abord, avec leurs biens respectifs ensuite. C'est que propriété et rentes ne se trouvaient pas avec le bien lui-même dans un rapport identique. Par suite, doit-on observer également, rentes des moulins et rent«s des autres biens de la ville n'étaient pas tle natures juridiques équivalent*»» '. En effet, les propriétés n'avaient pas non plus le même caractère, en rai.son des distinctions proprement techniques des biens. Régulièrement, la propriété était en sonune d'ordre juridique et économique, pour les moulins, elle représentait surtout le premier trait seul ; d'un coté, elle avait une valeur de droit et d'exploitation, de l'autre, elle n'offrait qnv le premier intérêt : le propriétaire il'uu bien ordinaire était à la fois son détenant et son exploitant, dans les usines en question, on le verra, il n'était (|Uf le premier et l'exploitant demeurait bien distinct ■*. .\u.ssi, rentes foncières et propriété industrielle, unique ou multiple, qui toutes étaient les produits ilirects du bien, étaient presque équivalentes, tandis (jue les reptea véritables des moulins n'étaient (|ii une dérivation des profits originels de la propriété, elles ne repo.saient donc plu.s expressénu'iit sur ce bien. Cepeiulant. en vertu de cette provenance, elles restaient liées ilune fayon étroite au.\ revenus

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