Cf. à ce sujet dans le Poiloa, Boissonnade, I, 118-llil
494 LA VIE URBAINE DE DOtTAÏ
réels, uniques ou collectifs. Bien (ju'on manque d'un nombre .suffisant de textes pour traiter cette question avec un développement bien précis, quelques renseignements intéressants nous sont re.>;tés de la tin du xn*^ siècle au sujet du moulin « Taquet ». l'un de ceux de Saint-Amé^. En 1375, cette usine fut, par défaut de paiement, saisie par le propriétaire, et le 17 mai de cette année, il Tarrenta à perpétuité à une femme ; en 1377. le 2 novembre, celle-ci vendit la meunerie à un meunier ; dix ans après, le 13 août 1387, celui-ci la passa dans les mêmes conditions à un nouvel exploitant ; enfin, exactement deux ans après encore, le 2 août 1389, un bourgeois, non spécifié socialement, vendit la moitié de la meunerie à son frère, un autre bourgeois. En une tlouzaine d'années, l'exploitation a subi quatre changements successifs docunientairement connus et ((ui ne .sont pas tous de même nature ni de même ordre.
Eu résumé, on ne connaît peut-être pas de concession de la meunerie d'une façon directe : celle-ci, en vertu de l'influence du régime féodal, assimilabii- à un fief, est devenue une possession familiale qui .se transmet dune façon iiéréditaire ; mais, en fait, l'interruption de l'héréilité est très possil)le et le pro})riétaire passe alors avec un nouvel exploitant une con\ciiti()n (|ui semble régie exclusivement jiar les principes du droit urbain. Les deux systèmes fonctionnent à l'éjioque historique sinuiltanément . sans paraître d'ailleurs différer dans leur caractèn- essentiel : que 4a meunerie passe familialement d'un exploitant à un héritier comme un fief ou qu'elle soit concédée économiquement comme un lenement urbain, le meunier ne l'a jamais à titre de propriété, mais toujours à titre de jmssession.
Cet exploitant lui-même, considéré personnellement, a une valeur juridique et sociale. Dune part, il dut d'abord être une sorte d'officier donumial, puis d'administrateur féodal, mais nous ne le (•oimais.s(ms j)as documenfairement