‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 481 sur 993 · Même P.J · texte numérisé non relu

Même P.J

552 LA VIE URBAINE DE DOrAt

les feutres l'étaient au moyen des restes de l;i manipulation des draps. Cette industrie nous est d'ailleurs inconnue dans l'ensemble et dans les détails, bien qu'on mentionne des espèces et des sous-espèces qui se différenciaient par un nom de ville, puis, à l'exemple des feutres encore, par la couleur : ainsi sont énumérées les « douaisiennes ". les « artisienne« », les « cambrisiennes ». puis des " artisiennes bleues ». Par analogie avec l'économie précédente, il faut .se borner à une simple énumération.

Il n'en va pas autrement pour quelques autres et derniers produits : on ne définit nulle part les « giepins », dont la fabrication est interdite aux feutriers *. le " meulekinerie ». tissue sur des « ho.stilles ^ n et même la « pelleterie ». qui. lorsqu'elle n'était plus neuve, on le sait, rentrait j)ar excellence dans la « vieserie ' ».

Ces diverses fabrications s'exécutaient dans des u maisons ». au sujet desquelles on n'a aucun détail *.

Pour le commerce proprement dit, en dehors des feutres, nous savons seulement que les « keutepointiers » parais.saient écouler leurs marchandises au « markiet ». .sans doute sur le marché au blé '". et que les pelletiers offraient certainement les leurs aux halles •. mais les uns et les autres étaient évidemment aussi vendeurs à domicile. On est un peu mieux renseigné pour les feutres. Tout d'abord, la fabrication locale et l'importation, on se le rappelle '. semblaient être tlistinctes et d'une façon même rigoureuse. Le i)ourgeois ne pouvait pas faire faire des feutres au dehors ni le forain au-dedans de la ville, bien que le second eut. cninre une fois, le droit «l'en importer. Ces niesures peu\ent se comprendre comme

2. l'.J. O.SI ; voy. ilf» im-ntinn» di- . ninilnkriiiorR ■ iliins K-s Cliaiir» tir Ihiuai clo Bonnirr. n"* .12 i-t «an* (Imilo 73.

3. l'.J. 2«7** (pf. pluM haut .lltl «•! ii. I). 1453. I.')22.

IJ. Voy. ilniiR If» romptoH iirhninH <!<< I324-2S uni- ilrinblo liiiU« de« • «itnux • d™ |i(>lli>li)-n< (Arrh. comm.. CC IIHWrr. V-VI). 7. Viiv. ri-d'-ïuiiiM 551 ft n. 4.

étant une forme de protectionnisme industriel et commercial, la fabrication et la vente devant être autant que possible réservées aux bourgeois seuls. Les membres de la communauté n'avaient pas à favoriser l'industrie extérieure et si les étrangers jouissaient du droit d'écouler leurs produits dans les murs de la cité, au cas où ils désiraient acheter des marchandises d'origine urbaine, il fallait qu'elles leur fussent vendues au dehors de la ville par des Douaisiens qui. en raison des frais de déplacement ou des risques à courir, pouvaient prélever des bénéfices plus considérables *. En second lieu, les formes mêmes du commerce, et il était sans doute exclusivement question du trafic d'origine urbaine, revêtaient des caractères différents. On parlait « d'estal dou marchant », mais sans spécifier dans quelles conditions il pouvait se trouver : néanmoins, puisqu'il est bien évident qu'il ne s'agissait pas d'une vente au marché, on ne devait faire allusion qu'à un trafic dans les « mai.sons » mêmes de fabrication ou dans les halles 2. De plus, et sans aucun doute possible, les feutres étaient une des très rares marchandises qu'on avait le droit de « porter aval le ville por vendre ^ » : ce cas, tout à fait exceptionnel, ne p:ut d'ailleurs s'expliquer en soi. Enfin, au dehors, pour répondre sans doute à la prescription signalée, on vendait <( en la haie des feutriers que li feutrier de Douay ont à Arras ^ ». Mais tout renseignement intéressant manque sur cet entrepôt : on sait seulement que le trafic des Douaisiens ne s'accomplissait que là et le samedi. Quant aux forains, malgré l'ab.sence complète d'indications, on peut supposer une vente de leur part aux .seuls mareliands dans

1. P.J. S.Sfi" et '* : Pexplicatiori prôcétlontp au sujet dos forains est un ppu conjecturale, tout en se justifiant ù la rigueur par l'existence d'une halle douaisienne des feutriers à l'extérieiu- de la ville A Arras (voy. ci-dessous) : mais, de plus, on remarquera que. dans le même ordre d'idées et ù l'égard de la teinture foraine, les § 9-10 et 25 parais.sent bien être absolument contradictoires.

Page 1