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554 LA VIE URBAINE DE DOrAT
leurs magasins t-t à tout acheteur indistinctement dans les rues ou aux halles. Quoiquil en soit, les feutres, ne fût-ce que d'origine locale, avaient donc des modes de vente assez variées et en particulier, ils donnaient lieu à un véritable commerce dexj)ortation. qui ne pouvait être naturellement que le résultat d'une réelle activité industrielle.
Tous ces fabricants-commerçants locaux nous sont absolument inconnus et nous ne .'«ommes pas mieux renseignés sur les étrangers.
b) Lr cuir^.
Le côté économique '^ de l'industrie du cuir nous apparaît dans des documents d'ordre théorique et pratique. T^es premiers se composent de bans échevinaux surtout du xiii^ siècle qui. tout à la fois, sont en nombre relativement élevé, mais ne présentent qu'un intérêt également relatif ' : de ce second point de vue, en effet, ils rentrent par excellence dans la catégorie des règlements, qui se bornent à répéter trop souvent l'obligation pour les intéressés de fournir de la » bonne et loiale » marchandise, en se confornumt en général aux proscriptions du Magistrat comme en se soumettant eu particulier aux inspections des esgardeurs, et pur suite, les détailH précis et intéressants sont-ils bien fréquemment absents de documents de ce genre '. Daulre i>art, comme pièces pratiques, on ne peut citer au xiV siècle que des actes ilaciiats individuels de matière brute conclus par des fabricants ',
1. Jiibliographie. On irouvorn i|iiplquc« rpmwiifnpmcnU dniis : Snvary, Diclionn. de Commrrcr, II-III. Biib v'", rnurroyer <>t lannrr.
2. Pour lp cAtV^ Hueial (uwoi! parliciiliiT. voy. pltifl loin § 34, 1" "h.
'A. On on compU' iinp rpiinziiinp, ilimt troU H)Mi|pn)pMt «ii xiv'«,. pt parmi IcdqiiplH (Ipiix HOiit nioinR cli« K-KlpiixMitN qtip iIp» di^niiiionK du MapiHtrnl nu nnjpt <1p " (pioBtiona » ontro Ipb profi-wtion» infprpBwV* (l'..T, 1 1 IR pf 1287) j on |H>iit y jolndro pnrorp dpiix r^K''''n'"nl« th<*ori(|iiP«, ponporniint •• In Jll«fipp du niPHlIiT • dpH lannpurx pI ponlonniors pt d'ordrp mirtoiil nopinl jiap r(inHiV|iiPnl. main int^^mwant* cPiH-ndant ti «mmillcr A tiln> «^pnminiiqup (l'.J. Mflit pl Ifl4l).
4. l'.J. 271I*'', 2k:i«*, 2Hri*-2Kt>»^, 572. «34, 044. «05, cU;,
OU deux seuls baux collectifs passés par tout le métier des tanneurs pour l'exploitation des moulins à tan de Douai OU des environs i ; mais ces diverses lettres d'obligation n'ont que trop rarement de portée très déterminée.
La matière brute venait naturellement des « bestes - ». Sans avoir, semble-t-il. de noms particuliers, eUe était dénommée le « quir » en général ou « le cuir entir ^ ». Puis, spécialement, d'après les parties mêmes des animaux, on mentionnait le " hattrel » vers le cou, le « dos », les « braies », qui devaient être le ventre ; on différenciait encore le « taiUie » et le « cuir desous », mais sans qu'il soit possible de préciser la valeur technique de ces expressions *. Quant aux animaux, en particulier la « vacque ^ », le « vel », le « mouton * », étaient mentionnés, mais on parlait surtout fréquemment du <( basan » et du i( cordouan », qui étaient distingués non seulement entre eux. mais aussi expressénient l'un et l'autre de la peau de vache ' : en effet, il est probable que le basan était du mouton, le cordouan de la chèvre ou du bouc, quoique seules de pures conjectures sont permises à ce sujet. L'unique point certain est que ces diverses peaux spéciales, malgré le soin avec lequel on les différenciait, ne semblaient pas être employées pour la confection de matières ouvrées différentes ; leur séparation concernait, non pas le fond, mais la qualité de l'objet : les peaux de mouton et de veau paraissaient être plus fines que celles de vache *.
La provenance de la matière était double, sans qu'une comparaison puisse s'établir entre l'importance réelle des