Cf. exactement von Lœscli. I, i'.)-M
une origine première non senlenient préurbaine, mais expressément administrative, qu'il soit sorti d'un véritable organisme d'état et que hes chefs et ses membres aient été au début de réels fonctionnaires ; cette nature se retrouve sans doute dans des corps d'apparition urbaine, tels que les porteurs de blé. mais à un degré beaucoup moins accentué et sous une forme bien moins significative. Cependant, entre ces actions dissemblables des autorités pul)lique et communale ne paraît exister qu'une simple différence de détail, ou plus exactement une di.stinction juridique. A titre social, il semble qu'en général les métiers eurent une origine réelle économique et une provenance pensonnelle privée et, en particulier, avec une forme primitive surtout administrative et un mode récent plus religieux '.
Quoi qu'il en soit de ces remarques, qui ne vont naturellement pas sans une certaine part d'hypothèse, deux résultats méritent d'être considérés comme étant bien probables : à titre absolu, l'organisation économique corporative de la fin du xiv^ siècle est le produit du régime pré-urbain comme du système urbain : relativement, elle ne reste toujours que la très grande exception à côté de ce qu'on peut a]>ix'ler le travail libre et celui-ci demeure la règle courante.
CONCLUSION
On ])eut s'expliquer maintenant, croirait-ou. le manque relatif de documentation concernant l'état social, .sous le rapport réel comme ijcrsonnel. En jiremierlien, et tout d'abord dans le commerce, cette absence était j)resque coinjilètc : le négociant est en effet plus que tout autre dépendant des
1. On jM'ut |X'ut-i'lrc r»pprocl»T o<^ di-ux iiifhicnccM ili"»< i<li''c« di- KriilKon (.■EmUr II. Xilmftr, chap. 7, H et 10) rt cl'KlMti-HtAdt ( MaijiMrrium u. Fraternilat, 108. 171-172, 174, lUl) ; joindr» vun llelow. Die Motivt, 47.
besoins d'une clientèle, par essence libre, qui se sert de lui dans des conditions de temps et de demande tout individuelles et aux exigences de laquelle il doit presque absolument se plier ; aussi n'était-ce pas sur les trafiquants qu'il aurait fallu légiférer, mais sur le public lui-même. Dans l'industrie. du moment qu'on ne fabriquait pas pour l'exportation et qu'en conséquence la ville ne renfermait point d'ensembles de travailleurs soumis à de grands patrons, mais contenait exclu.sivement des maîtres isolés les mis des autres, la réglementation ne devait plus comporter la même ampleur ni la même stricte discipline, mais elle devenait assez naturellement plus réduite et plus lâche : la confection technique préci.sée, l'organisation du travail, parce qu'il ne s'agissait plus d'établir l'ordre ni de limiter la concurrence entre différents travailleurs formant un groupe unique, apparaissait comme étant un peu secondaire : aussi, se contenta-t-on tout au plus de quelques principes généraux. Et il est si vrai, semblc-t-il. que cette codification très restreinte se manifestait plutôt dans les parties de l'industrie plus ou moins analogues à la draperie, alors quelle devenait moins visible encore pour les autres branches d'ime nature différente.
Du point de vue personnel, tout ce qui concernait l'état des travailleurs isolés ou réunis, les rapports de hiérarchie ou d'association ne donnaient lieu le plus souvent qu'à une réglementation très limitée, d'une part comme de l'autre, parce que l'organisation était encore par elle-même réduite ou rudimentaire à tous égards et peut-être aussi pour des rai.sons à la fois administratives et politiques et par suite voulues^ : de ce second côté, au moins dans le droit collectif, la situation devait se rapprocher, on le verra, de celle de la grande industrie drapière i. Les échevins. législateurs et gens d'affaires, considéraient en somme l'établissement de libertés corporatives comme directement oppo.sé à leur omnipotence. De même qu'économiquement ils interdisaient le