Cf. t. I
L'origine réelle de cette émeute, nous l'avons dit, est inconnue et on ne saurait supposer rien de bien précis à ce sujet. Le blé ne semblait cependant pas faire défaut, puisqu'on parlait de « l'aller prendre » partout : sans doute avaiton la crainte que dans l'avenir il ne manquât pour une cause quelconque et accusait-on justement les marchands de l'accaparer dans leurs entrepôts. Du point de vue personnel, les négociants, on le sait, demeurent absolument dans l'ombre. Parmi les émeutiers, les femmes n'ont pas de situation sociale indiquée. Quant aux hommes, les uns pouvaient participer indirectement à l'économie du blé sous une forme semiadministrative, comme le porteur au sac. ce qui confirme bien ce que nous avons dit du caractère un peu turbulent de ces intermédiaires officieux ^. Mais tout le reste des coupables, à côté de cette sorte de fonctionnaire, se composait d'indépendants appartenant plus ou moins probablement à la vie économique urbaine, bien qu'on ne l'indique pas toujours : d'abord, de petits patrons libres, le forgeron et le maréchal, gens de professions assez brutales, dont la force naturelle et les outils pouvaient fournir une aide précieuse en vue d'ouvrir ou de briser les portes des greniers ; ensuite, inversement, de petits patrons salariés, occupés par con.séquent dans l'industrie de la draperie, qui de nouveau dan.s cette ville, comme toujours dans le reste de la région, étaient de toutes les émeutes, et qu'on rencontre encore en 1322, comme on les a vus en 1280 et en 1305 ^ dans des affaires alors les intéressant directement ; enfin et surtout de gens sans situation sociale spécifiée ou n'en ayant sans doute qu'une as.sez vague, ou même d'étrangers probablement errants, tous gens spontanément plus ou moins propres à toutes les mauvaises besognes. Les diverses cla.sses sociales se trouvaient donc représentées dans cette émeute, mais il est intéressant de constater ((ue. sur 18 etmdamnés. un seul avait peut-être quelque compétence personnelle pour