‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 622 sur 993 · Hrruril, n" 220 ; cf. plu» haut · texte numérisé non relu

Hrruril, n" 220 ; cf. plu» haut

tions, ce qui les précède et les suit, s'accomplit à cet endroit, il paraîtrait tout naturel que les transformations eUes-mêmes y fussent exécutées, en d'autres termes, que cette « maison » joignit à ses caractères déjà connus une nature nettement industrielle. Il ne semble cependant pas en être ainsi : on ne croit voir nulle part que toutes les opérations se fas.^ent dans une partie de l'hôtel sous la surveillance immédiate du drapier, par toute une pluralité de travailleurs, qui successivement transforment la laine en étoffe. En un mot, la maison du marchand ne doit pas constituer ce mode d'exploitation industrielle qu'on appelle une « fabrique ».

A cette règle absolue n'existent que deux exceptions, l'une générale, qui a surtout une importance de principe, l'autre particulière, qui présente une valeur de fait. La seconde, dans la succession même des parties de la technique, précède l'autre. En effet, le Boinebroke de l'exécution testamentaire possède une teinturerie. Non seulement cet acte parle de « le tincture signeur Jehan », mais on sait par ailleurs qu'il la tenait de son père. Le patricien y est certainement le fournis.seur de la matière première, car on y lave « ses » laines, un individu, peut-être un teinturier, la « wardoit ^ ». Elle paraît bien constituer un établissement à lui, dont il est à la fois le propriétaire et le directeur. On s'explique ce cas particulier par le caractère un peu anormal de cet élément de l'industrie, dû à ce que .son installation et son fonctionnement nécessitaient un capital de premier établissement et un capital de roulement, en raison du matériel, d'une part, des teintures, de l'autre ^. Des organisations similaires ont peut-être existé. Néanmoins, les documents

1. Pour l'exécution. Recueil, n° 328^^-'^, ^'. L'autre document mentionnant cette teinturerie est un chirographe du 29 oct. 1311 énonçant que « com JehanB Boinebroke. pères à Jehan B. [évidemment celui de l'exécutionl et à Symon B.. eust donnet... en .se devise k'il fist par eschievinage de Douay, [à eux] se maison et tout sen tenement là ii il nianoit.... et .se tainture ki siet derrière outre l'iauwe, là ù Adans li tainteriers soloit manoir etc.. » (Arcli. comtn., FF 670). Cet « Adam • est évidemment le même que celui de l'exécution « ki wardoit le tincture » {§ 32 et 38).

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