Voy. pluH loin J
travailleur se détachait, en quelque sorte, simplement d'une façon momentanée, de ses conditions et de son endroit habituels de travail. De nouveau, la besogne faite chez le drapier peut être considérée comme une exception double, absolue et relative, à l'exemple, dans son genre, de la teinturerie de Boinebroke.
Ainsi, le travail exécuté dans l'atelier du drapier ou dans une dépendance qui serait également sa propriété, et dans les deux cas, sous sa direction immédiate, ne présente réellement qu'un caractère extraordinaire. Mais, d'autre part, les divers documents contiennent des mentions fréquentes de (( maisons », dont l'indication est accolée à celle dindividus, qui semblent bien être des travailleurs de l'industrie drapière : la maison du teinturie'-. du tisserand, du pareur. Du côté personnel, ces fabricants, on le voit, ne portent pas un nom générique comme celui de « drapier ». mais une dénomination qui spécifie un travail particulier : ce n'est qu'en réimissant toutes les indications successives qu'on se rend compte que ces divers travaillt urs, dans leur ensemble, peuvent exécuter la totalité de.= manipulations de la draperie. Sous le rapport réel, cette maison est d'abord, évidemment, la maison d'habitation des intéressés : combien de fois parlet-on, pour le tisserand, de ;' le maison là ù il maint », mieux encore, c'est « se maison ». dont il doit être le propriétaire ^. Et de même pou»- d'autres « ouvreurs ^ ». De plus, ces demeures ne doivent pas constituer de simples locaux de repos, où les intéressés ne resteraient qu'en dehors des heures de travail, passant au contraire celles-ci dans l'hôtel du patricien. Il n'y a aucun doute, d'après les indications très noinbreu.^es que l'on pos.sède, que c'est bien en ces endroits qu'ils accomplissent leur besogne. I.ie teinturier, dans sa maison, t«int et manipule l'alun et la laine '. Pour un tisserand, rien n'est
1. Dans les actes pratiques privés : Recueil, n<" 263, 269, 271, 297-298 (« en lo mai-son là ù il maint •), 304 (id.) 308.
2. Recueil : teinturiers (n"» 255, 288), ourdeur (293), pareur (267), tondeur (299).
3. Recueil, n»» 229*', », ", »!, 329 ; pour Boinebroke, 328»««.
plus fréquent que de le voir parler de « Thosti'le ». du métier qu'il a dans son lieu d'habitation * ; bien mieux. « qu'il ne le mete hors de .«le maison », dit-on : il ne doit donc pas Tavoir ailleurs ^. Le foulon pareur encore « œuvre » dans sa demeure * et; aussi le tondeur. Le système en vigueur est plus significatif même pour ce dernier travailleur, puisqu'il se livre à son ouvrage également chez le drapier. Xous voyons en effet que, dan.5 une seule journée, il ne peut pas, après qu'il a commencé à travailler dans son « ouvroir de tondre dras ». aller contiiiuer chez le marchand : ainsi, la besogne qu"il exécute chez ce dernier ne l'empêche pas. en principe, de « faire œuvre » chez lui *'^. C'est donc bien dans ces maisons qui sont leurs endroits d'habitation, que tous les artisans travaillent isolément. Mieux encore, ils ne le font pas seuls. Là viennent les apprentis ; là au-isi arrivent le matin les valets, ils y restent tant que durent les heures de travail : ce n'est donc pas là qu'ils demeurent, mais ils y accomplissent leur besogne *, On s'explique que les esgardeurs aillent « er tor » dans toute la ville : ils y vont « par les mestiers » des tisserands, ou dans les « cours des lices » des tendeurs, ou dan^ les « maisons » encore des tendeurs. C'est qu'ils doivent aller inspecter tous ces ateliers disséminés un peu partout et où ils trouvent leurs travailleurs et leurs marchandises ''.
En effet, l'ensemble des remarques précédentes parait être parfaitement clair et connexe. Selon une expression caracté-
1. r.J. 289"-2nO« ; Rrriieil. n" 235',*'; 384'"; joindre Irw n"« citëe p. priTcklento, n. 1 ; et en .somme toutes |p« pièpo» exactement Bnnlopiefl, ilanH lesquelles un tisserand parle de son mi'tier, tout en n'indiquant pas absolument (|u'il est situé dans son domicile ; Beciieil, n" 2118, 2n4-2n6, SOS, 301, 309 ; pour Boinehroke, 32«^K.