Rrrutil, II"' 22il
car il n'est pas supposable que ce même vaisseau servait ensuite à contenir ce dernier liquide.
Nous connaissons pour l'alun seul les quantités maxiraa combinables de la matière à teindre et du mordant, mais, nous l'avons dit, ces chiffres n'ont qu'une importance très secondaire en raison de notre ignorance de leurs valeurs relatives. On constate cependant que, pour les laines, on pouvait employer, soit une « clere aliunée », sans doute une teinture légère, soit des « boullon de 4 » ou (( de 5 dras », probablement faits pour la quantité de matière brute servant à fabriquer les chiffi'cs indiqués de matière ouvrée ^ ; mais, dans ce second mode, suivant les deux nombres spécifiés de i ou de 5, les chiffres d'alun sont par « piere », évidemment de laine, de 3 Mvres, puis de 2 1 /2 : les proportions de mordant et de marchandise varient donc en sens inverse, ceUes d'alun augmentent au fur et à mesure que le poids de la lame diminue. Cette singularité apparente venait de ce que, avec une quantité sui)érieure de matière ouvrable, le volume d'eau restant au contraire le même, la laine fixait de moins en moins de mordant. D'autre part, à l'égard des draps, le bouillon devait être réi^été, mais le second contenait un quart en moins d'alun ^^. Des opérations elles-mêmes, nous savons seulement qu'elles se terminaient quand la matière ouvrable était « bien bouli » et avait « bien bu » le mordant : ensuite, on « jetait le boullon en l'yauve ^ ».
La technique de l'emploi de la chaux ou de la cendre nous est inconnue.
Cette préparation, au sens propre du mot, terminée, si bien entendu elle avait eu lieu, on exécutait la teinture proprement dite, faite par des « teinturiers » dits en général « de waisde », parce que cette matière était de beaucoup, on le
1. N" 229i^*-^''. Poiirqu'ii d'ailleurs, dans le premier cas, lu quantité d'alun iV utiliser « par piere - (3 livres 1/2) était-elle supérieure aux deux quantités du second (2 livres 1 /2 et 3 livres), c'est ce que nous no saurions déterminer.
3. Pour IVmplni c]r l'ahui avec les « dras de graine », voy. § 77.
760 LA VIE URBAINE DE nOUAI
verra, la plus usitée *-. On ne peut guère, d'ailleurs, suivant ce que nous avons déjà indiqué, qu'énumérer les recettes avec leurs ingrédients. D'une façon générale, il semble qu'on distingue les couleurs u unes » de celles où il y a « mellure », des « mellurées », peut-être les couleurs élémentaires des coml^osites ' *. Dans les premières, on fait rentrer le " blanc », ([ui cependant, nous l'avons dit, n'était réellement qu'une absence de coloration. « le bleu, le pers. l'azur, le vers » : l'énuniération n'a pa* la prétention d'être complète, il y p" ^ « d'autres ». Mais l'azur et le pers se ramenaient au bleu ; le vert n'était ((u'un résultat du mélange du bleu et du jaune. Ces couleurs devaient donc s'obtenir avec le guède comme base et ainsi se trouverait justifiée la destination générale des teinturiers de bouillon et de pastel.
Mais, malgré l'importance sans doute considérable de cet ingrédient, son emploi nous est mal connu. On le voit seulement utilisé pour la production de la couleur » mourée * » : c'était celle du noir violacé. Un bain de gué !e servait d'abord à « blaweter », à bleuir, et on le comprend aisément, puisque le « mourée » n'était qu'un bleu composite '. Ensuite, dans un délai maximum de quinze jours, on faisait un second bain avec le bresil ou avec la garance, cette dernière mélangée au besoin avec de la « résine ' », " se mettre le vœult-on * : les
1. N"" 220»^, 232'. Voy. Hellot, TriiUurc. .5. — Il o»\ vrai qu'on parle aussi dps ■ trinli'iiicrs d'pscorco ■ (23 1^), mais on ne R<>nible pa-x \e« opposer, pomme ppux dp giiMp. aux manipulalpiirs dp • bouillon • Pt pu fait lu tointurp en (Vorep «Mail certainemenl moins n^pandup qup la Ipintun- nu pastel : voy. ci-Bpi*8 703.
2. Guilmot, Mèmoirr... sur h vèdf, pst sans inti-rét et d'ailleurs poncorno surtout l'ppiKiUP po8t<^ripure à ppIIp <|Up nous (étudions.
3. lirrueil. n"* 231', 34n', *. SHfl*, 374'. Toutes pps dispositions np sont pas d'ailleurs parfaitenipnt claires. — Mention, dans un tarif douanier do Milan du xiV s., de . miseliii . (draps • mêlé8 . 7) i\f Douai (Sphulle, f/r*rhirhir île» m. a. HandfU, I, 702).
4. Sur les couli-urs ■ pleines > et • compos<Se« -, voy. I< il"' lu l'Ialièro. Manufarturr», 123-124.
5. Hrcueil. n° 22»»', *^. ♦». ">. »«. ". *• : joindre 328«f, **». «. N» 229**, *».