‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 735 sur 993 · Vov. Jrhan Hoinrhrokr · texte numérisé non relu

Vov. Jrhan Hoinrhrokr

surtout, une unité de règlements était d'autant plus impossible que les conditions réelles ou plus précisément géographic[ues des échanges ne présentaient pas d'identité. Une vente locale fonctionnait forcément : elle pouvait même s'exécuter suivant deux conditions, dans les maisons des vendeurs ou à la halle. Mais ce n'était pas la seule distinction secondaire qu'on remarquait à ce sujet, car, d'un autre point de vue, le trafic avait bien entendu un but local, mais il revêtait également une fin extérieure et il était parfois le fait de marchands forains qui achetaient pour le dehors. Ces acquisitions sur place par des étrangers, en vue de l'écoulement inter-urbain. rejirésentaient une forme intermédiaire entre le négoce proprement urbain à tous égards et le trafic de pure exportation, exécuté tout à fait en dehors de la ville par des marchands douaisiens. qui allaient ainsi vendre à l'étranger les produits de leur industrie particulière ou de la fabrication urbaine. En résumé, un double mode de commerce fonctionnait pour les personnes ou pour les lieux de négoce.

Or, nous ignorons dans quelles conditions visibles agi-ssait chaque espèce de vendeurs, où chacune trafiquait, et si elle commerçait ou non dans l'une seulement ou dans les deux zones principales d'échanges. Mais ce que nous savons absolument, c'est que deux places essentielles de négoce coexistaient. Il est donc préférable, en vue d'étudier l'état des relations commerciales, de ne pas se baser sur une séparation personnelle seulement probable, mais sur une division géographique certaine, d'après les « places de vente », et de considérer successivement le trafic local, puis extérieur, dans leurs diverses manifestations. Ce principe j^araît d'autant plus fondé, on le verra, que la séparation géographique et la division personnelle concordaient à peu près et qu'en général, semble-t-il. les marchands, d'une part, les tondeurs, de l'autre, non seulement ne vendaient pas selon un système identique, mais non plus aux mêmes endroits, ou que plutôt le changement de lieu de vente en transformait le mode.

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Une première distinction, qu'il fonviciit do mentionner aussitôt, semble se manifester d'après un certain nombre de textes. Elle apparaît presque exclusivement dans les documents relatifs à la vente locale. A l'intérieur, dit-on. « que », '< tous draps vendans à détail vendissent tout en une halle ensamble ^ » ; que ces « detaillieres », spécifiés au besoin comme « drapiers », vendent « en se maison » ou dans le » haie de detailleurs ^ ». Tls y écoulent des « tissus en gros et entiers ' » ou (1 à détail ». « par aunes au détail * ». Pour le dehors, le seul texte renfermant une indication analogue est « uns bans des detailleurs d'Arras », concernant une halle que les Douaisiens ont dans cette ville et où ils vendent du u drap entir et del détail » encore''. Dans rcnsemble. ce mode d'échanges se fait donc dans des lieux de vente fermés, de nature privée ou administrative, mais bien plutôt locaux. Les individus qui y vendent sont dits « detaillieres », parce que, selon un princijie fondamental, ils n'écoulent tout au \uv\s leurs tissus qu'à l'unité : c'est là cejiendant la vente dénommée « en gros » ; le négoce au détail jjroprcment dit comprend seulement une partie d'un tissu. L'accomplissement de ce genre d'échanges paraît donc être surtout une affaire urbaine, parce qu'il n'y a guère que la ville qui permette son application et les deux formes de cette mise en 2irati(iue ne sont que deux espèces voisines.

Le mode d'emballage des étoffes pour leur e.xpédition ne nous est indiqué (juc par une très minime (piantité de renseignements. On paraissait mettre les tissus dans des « feutres » ou des <i sarpillieres » ou a en torke m, peut-être dans des sortes de torchons " : on obtenait ainsi des « fartlel

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