Recueil, n" 328«a
rechincheurs s'occuperont pour le drapier : la (lualité de la besogne qu'ils acconi]iliront n'est, semble-t-il, que secondaire. Cette durée paraît avoir pour base une année, si l'on s'en rajjporte aux indications données : c'est en effet un délai faiik'ineiit et longtemps renouvelalile et il est peu probable qu'à l'origine le contrat porte sur une quantité de temps plus étendue : d'ailleurs, la question est secondaire. Mais une première consé(i\ience essentielle résulte de l'engagement accompli dans ces conditions i)iir les rechincheurs, c'est que, pendant toute la durée de leur contrat, ils ne peuvent être au service (|ue d'un seul maître qu'ils n'ont évidemment pas le droit de quitter avant la fin de leur location : seigneur Jean est et demeure leur uni(jue fournisseur de travail.
Une fois entrés dans la teinturerie du patricien, c'étaient « ses » laines qu'ils devaient laver : ils l'énoncent avec une clarté absolue. C'était donc leur patron qui leur fournissait la matière première et qui en restait au.ssi le propriétaire, bien entendu. Le contraire ne se comprendrait pas et il n'est nul besoin de s'étendre sur ce point.
La forme même du travail ne nous est pas directement connue, mais le système de rémunération se trouve très brièvement indiqué. L'un des rechincheurs dit qu'on le « desiervoit " et i)ar conséquent il recevait une « desierte » ; l'autre parle de son « loier >< et de son " waignage », selon une relation ((ui d'ailleurs est assez obscure. Du premier et du dernier termes, on ne saurait rien dire de particulier, mais l'expression de « loier » se rencontre par ailleurs. Tout d'abord, elle sert en général à désigner le prix du travail des manouvriers. de ceux <|ui ont été « louies » et qui « waignent deniers à lor bras et à lor force * " : dans cette classe, on ferait assez volontiers rentrer les travailleurs de la teinturerie ; en outre, dans la draperie, le même ternu- est usité pour le ])aiement des maîtres et de leui-s ap|)rentis et valets, bien (pi'ils aient été rénuuiérés, croyons-nous, .selon un mode tout différent
du précédent ^. On ne saurait donc, semble-t-il, tirer des conclusions très déterminées de ces expressions trop vagues ou trop générales ; elles ne peuvent caractériser le travail lui-même.
Mais si l'on s'efforce de préciser, on voit (pie celui des deux recliincheurs qui s'est loué })our une année, sans parler de son mode de rémunération, réclame « 40 s. par. por celé anée » ; l'autre travailleur, un peu plus explicitî, expose cpie sa « desierte » lui est payée en général jjour son travail de « rechinchier » les laines et que selon le geirre de produits qu'il lave, le salaire varie du simple au double et au triple : il ne donne aucun détail sur la cpiantité de besogne. Néanmoins, en fait, trouvant son paiement insuffisant, il « demande» une certaine somme « por le defaute de ses journées » non payées. Les deux travailleurs font donc des jjlaintes qui ne portent jamais sur la quantité de matière, une fois comme par hasard et secondairement elles concernent sa qualité, mais, en somme, elles sont j^eu ou point relatives à cette matière elle-même, alors que toujours elles concernent le temps employé à la manipulation ; que les réclamants aient été frustrés pour une " anée » entière de tant d'argent, ou que, d'une façon jjIus ])récise, ils aient perdu des « journées » évidemment, en nombre déterminé, les griefs se rapportent toujours à la durée. Bref, ces plaintes sont aussi peu que possible « objectives », mais elles ont, en quehpie sorte, une apparence et une fin d'ordre exi^ressément « chronologiques ». Ici encore, c'est l'idée du temps qui domine tout à fait et ce caractère concorde naturellement d'une façon absolue avec le ])rincipe essentiel ([ue nous avons déjà signalé au sujet du contrat. Il ne conviendrait cependant pas de tirer de ces données un peu brèves et imprécises des conclusions par trop rigoureuses, si la forme de ces demandes ne s'opposait aussi nettement <juc jin-^sible à celle des réclamations des autres fabricants de l'exploitation de Bomebroke, qui, au