‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 816 sur 993 · I. Pour la vontp, joindre · texte numérisé non relu

I. Pour la vontp, joindre

on le sait, le drapier est le seul ijropriétaire de la matière, il est interdit absolument au maître « d'enwagier » ou de < vendre » cette dernière. Dans la matière ouvrée doit se retrouver toute la matière ouvrable. Des prescriptions de cette nature s'appliquent surtout aux métiers qui manipulent la laine brute ^. Ainsi, les temturiers doivent la « rendre » comme ils l'ont « reehue », « })ar conte ^ ». A l'égard des tisserands, nous avons vu (jucn leur faisait jurer qu'ils avaient toute la trame nécessaire, qu'ils l'emploieraient entièrement, et s'ils ne la « battaient » pas assez fort, évidemment dans le but de s'en réserver une partie, les esgardeurs les obligeaient à changer de système ; d'une façon générale, on leur ordonnait de rendre toute la marchandise comme ils l'avaient « reçue », « par le meisme pois ^'* ». Bref, on défendait que le maître « mit laine en sen preut ° ! » Ce principe et ses applications sont la clarté même : ils ne forment qu'une conséquence du droit absolu du drapier sur la matière.

Le travail exécuté, c'est-à-dire le marché primitif accompli, il ne reste qu'à s'occuper du marché de reddition. Du côté matériel, celui-ci devait consister dans la remise au drapier du produit fabriqué par le maître ; à titre pécuniaire, cet échange ou cette vente entraînait forcément le paiement, par le premier au second, d'une certaine somme d'argent correspondant à l'achat ou au prix de l'objet. Ainsi, d'une part, on remarquait que la marchandise avait été transformée selon les conditions convenues ou ne l'avait pas été ; de l'autre, on constatait qu'elle avait plus que jamais une certaine « valeur * » ou un certain « feur ' », bref, un certain prix, qui amenait le drapier acheteur à devenir le débiteur

Page 1