‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 868 sur 993 · Recueil, n · texte numérisé non relu

Recueil, n

échevins : en principe, aucune exception personnelle ne paraît être faite *. Le luminaire est également alimenté par une partie de certaines amendes, le reste revenant aux esgardeurs ^.

L'histoire de cette institution paraît dnaf présenter tleux phases successives. .Si. en 1371, on considère tout d'abord le passé, il semble que jusque-là les tisserands n'ont eu aucune forme de vie religieuse commune : on n'a aucun motif de supposer qu'elle se soit exercée antérieurement d'une façon différente. On pourrait sans doute objecter que. suivant une règle courante, l'intervention administrative se borna à con.-itater et à ratifier un état de cho.ses existant, et peutêtre depuis longtemps ; mais ce n'est certainement pas le ca.^ ici. en raison de la forme de la requête comme de celle de l'autorisation : l'organisme ne saurait être que nouveau. Par con.séquent. cette année, les tisserands, absolument de leur plein gré. demandent à l'autorité urbaine de leur permettre d'exercer certaines manifestations d'une vie religieuse collective. Les alentours, les circonstances particulières de ce fait, l'action des tisserands plutôt que de tels autres travailleurs, l'aimée ou tout au moins l'époque de la demande, sa nature même ont des causes qui nous sont, en fait, complètement inconnues et qu'il est assez difficile de reconstituer d'une façon préei.se.

En tout cas.il parait être naturel, surtout si les travailleurs de l'apprêt jouissaient toujours d'une certaine hbertè. que les tis.serands, qui formaient en somme le métier le plus nombreux et le plus important, aient cru légitime de chercher à obtenir à leur tour quelques droits, ou peut-être agirent-ils sans aucune arrière-pensée. Leur tentative nous apparaît aussi tardivement, soit parce qu'ils en avaient accompli antérieurement d'analogues restées infructueu.ses, et pour ce motif ignorées de nous, soit [ilutot jiaree ([u'ils n'en avaient aeeomj»li aucune.

jugeant par avance leur démarche inutile. Les sentiments du pouvoir urbain sur, ou plus exactement, contre les libertés des artisans, étaient connus, et c'était plus spécialement contre le métier qui. à Douai comme ailleurs, devait être le plus turbulent de tous et avait en fait donné des preuves de cet état moral '. que cette défiance du Magistrat pouvait se manifester et nous sembler toute naturelle. Dans le milieu de la seconde moitié du xiv^ siècle, les tisserands crûrent sans doute la situation plus favorable : en général, les corporations se constituaient et le mouvement commençait, croirait-on, à s'étendre jusqu'à Douai - ; en cette même ville, la draperie particulièrement devant avoir perdu de son importance primitive, l'opposition entre les drapiers et les maîtres n'avait pu, parallèlement, que beaucoup diminuer d'acuité ; dans ces conditions diverses, l'octroi de libertés sociales, en principe, pouvait être loin de présenter l'importance et les dangers possibles d'autrefois. D'autant mieux que les requérants semblèrent juger bon et habile de ne demander qu'une concession d'une nature modeste et d'un intérêt secondaire, qui ne devait pas éveiller beaucoup les craintes de l'autorité. Ce n'est pas là seulement une question de fond, mais cette intention discrète est presque confirmée par le ton très humble de la requête : celle-ci est une véritable prière adressée par des travailleurs très ordinaires à des maîtres tout-puissants. Simple formule contemporaine, dira-t-on ; en tout cas. elle s'accorde au.ssi exactement que jjossihlc avec les situations respectives probables des deux parties. Que d'ailleurs les tisserands se soient adressés au pouvoir urbain pour obtenir une approbation à leur projet, rien n'est plus naturel : la confirmation de l'autorité locale seule pouvait donner à cette innovation souhaitée une valeur légale^. Tel était, autant du moins qu'on peut le conjecturer. <> le inilicu » <huis lequel se forma la demande en question.

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