Cf. plus Imiit r>20-fl
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1002 I,A ^^E URBAINE DE DOUAT
Le Magistrat accorda en i)iiii(ipe son autorisation et peutêtre les raisons dont nous avons parlé ne furent-elles pas sans influence sur .^a détermination. Le dévelop)ienioiit corporatif constituait un niouvcnient social auciud il dcM'iiait ditHcile de s'opposer complètement, d'autant mieux quon s'habituait comme inconscicinnicnt à dos institutions, (|ui autrefois avaient pu ]>ivraîtrc une nouveauté dangereuse ; de plus, la prospérité moindre de la draperie pouvait diminuer aux yeux du Magistrat l'importance de ces revendications comme de leur concession. Mais si l'échevinage fit à cette demande un accueil favorable quant au fond, et le point est en effet essentiel et montre le changement accom])li à tous égards, il est non moins important peut-être île constater qu'il ne donna son autorisation ([ue suivant certaines formes biiMi déterminées, c'est-à-dire avec certaines restrictions très nettes. D'une façon générale. ])our l'exécution du projet, non seuleiiu'ut les tisserands n'agirent pas seuls, mais sous la surveillance des représentants officiels du Magistrat, mais il semble mènic (|ue ces tlerniers se substituèrent complètement aux travailleurs : en tout cas. les artisans n'eurent certainement qu'imc liberté très relative. De j>lus. puisque les échevins se réservèrent le droit de supprimer la concession à leur bon plaisir, c'était, bien entendu. (|u"('lle n'était accordée (pi'à titre extrêmement précaire. Que les patrons soient restés ol)éissaiits au pouvoir urbain, qu'ils n'aient pas cessé d'être obligés de se faire confirmer par lui tout changement dans la vie du métier, nous l'avons dit. le contraire ne se concevrait guère, mais qu'il.-* lui aient été subordonnés à un degré aussi comj)let et que leurs libertés h peine concédées soient demeurées aussi instables, rien ne prouve mieux, jusqu'à un certain point, la persistance de leur soumission au Magistrat comme la continuité de son omnipotence sur (Mix-mèmes.
Les deux clauses de l'exécution sont encore ])lus signifientives. Quoi de plus probant que la permission d'utiliser l'autorisation accordée, à condition (pie, pas plus en 1:{7I qu'en plein xiii" siècle, aucune « assamlée » ne se réunisse : on va
TROISIÈMK PARTIE. — HISTOIRE ÉCONOSnQUE 1003
jusqu'à employer les mêmes termes aux deux époques, ceux de rassemblement ou de réunion ^. A priori, on objectera que le luminaire était pour les tisserands une cause mainte fois répétée de groupeniert ; on pourrait peut-être répondre que l'assemblée qu'on voulait éviter aurait été faite directement en vue des intérêts du métier, tandis que le rassemblement annuel des tisserands à la procession avait un but religieux relativement étranger à ce même métier. Quoi qu'il en soit de cette distinction sans doute un peu spécieuse, la restriction précédente est un fait et ne saurait être mise en doute : peut-être, en empêchant cette réunion, les échevins pensaient-ils qu'ils arrêteraient ou retarderaient la formation d'une société. Evidemment, ce que les chefs de la ville craignaient et voulaient éviter par dessus tout, c'était de donner aux travailleurs la moincke occasion de se grouper et d'agir en commun, au métier professionnel la moindre possibilité de se constituer en association juridique. En particulier, cette défense se liait peut-être à l'autre interdiction expresse imposée par le Magistrat, d'exercer aucxme contrainte sur les tisserands pour les amener à collaborer à l'œuvre du luminaire, exigeant qu'on leur laisse à cet égard une indépendance complète : dans une assemblée, il est possible de faire une certaine pression positive, sans compter l'entraînement inconscient. Au contraire, il fallait que les consentants agissent à la fois par pure volonté personnelle et par simple dévotion, c'est-à-dire .spontanément, et comme gens religieux et non comme compagnons tisserands, en raison de leurs idées morales et non de leur travail matériel. Le désir évident, fondamental du Magistrat était donc bien que cette demande de cotisation ne comporte aucune forme possible d'obligation et, par .suite, n'entraîne aucun lien forcé entre les tisserands ( Zunftzwanq ) : les deux clauses visaient clairement à perpétuer l'isolement entre les travailleurs. Ce n'était pas parce que tisserands qu'ils devaient une cotisation, mais quoique