‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 9 sur 993 · r..I. 2.V..2r>8 fl v(iy. \>\i>- loii. i 2S · texte numérisé non relu

r..I. 2.V..2r>8 fl v(iy. \>\i>- loii. i 2S

fi. I'..). 2H2**. *».

7. Voy. pncoro pnr .«x. P.J. 23H>», 244** (pliraso 4). 2r>3»*. 287". 1477"* (2» pliritM<).

Celles-ci, quelles qu'elles soient, se résument toujours finalement en un élément essentiel qui est la partie pécuniaire. Par suite, les ordonnances ne peuvent faire autrement que d'en parler. Elles posent comme principe fondamental que les « feurs soient raisonnables, sans mal engien ^ » et on doit prendre le qualificatif, semble-t-il, dans le sens absolu de conforme à la raison : comme on a mentionné, nous venons de le voir, une besogne faite « raisonnablement >>, ainsi le prix doit être proportiomié à la qualité. Bien entendu, il est nécessaire qu'il ne soit pas trop élevé : en particulier, on défend « d'enkierir les denrées » à la venue d'un souverain dans la ville ^. De même, quoique les bans ne fassent pas allusion à la situation inverse, il n'est pas moins compréhensible au fond que ces prix ne peuvent descendre à mi tarif trop bas, car, dans ces conditions, les vendeurs ne sauraient avoir que le but d'écouler de la mauvaise marchandise. Une anecdote de la guerre civile de Douai avec Lille en 1284. parait être bien caractéristique à cet égard ' : elle nous montre un marchand de poisson victime de la haine de ses compagnons parce qu'il « donnoit trop boin markiet de pisson, de coi il cuidoient ke il venist de mais liu ». Evidemment, ces gens devaient supposer assez naïvement que si ce petit trafiquant abaissait ses prix à un degré qui leur semblait exagéré, c'est qu'il avait des intentions peu recommandables en vue de vendre des produits d'origine douteuse et de qualité inférieure, ou encore, dans une intention plus pratique, ils craignaient, sans l'avouer, que cet avilissement de la vente ne nuise à leurs propres intérêts bien compris. De ce désir de la ville, d'importance générale et de valeur et d'effet surtout théoriques, afin de maintenir les prix à une égale distance des extrêmes, découlent naturellement les interventions particulières de l'ad-

3. Duthillœul. iMuoi et Lille, 89 (. il in donnoit millcur markiet •;, 90-!M,

ministration pour leur fixation pratique dans certains cas '.

iSans doute, elle ne peut pas toujours arriver à ce résultat, et en particulier tlans l'industrie la plus importante de la ville, celle de la draperie, elle ne se montre pas, parce que cette fabrication donne lieu à une exportation qui est, en somme, en dehors tle la compétence urbaine. Mais elle détermine ces prix pour les objets les plus usuels de la vie journalière, qu'il s'agisse des denrées d'alimentation comme le pain ou comme les liquides, vins et boissons fennentées, ou d'aiitres nu\rchandises non moins indispensables à l'économie domestique en général ou à certaines industries importantes en particulier telles que le bois. Son intervention se manifeste même dans le prix d'objets aussi nécessaires que les précédents, mais d'un point de vue fort différent, les cercueils ! D'autre part, comme les salaires des travailleurs ont une répercussion immédiate sur le règlement pécuniaire du travail, la ville agira aussi, quoique moins ouvertement, pour la rémunération de services d'intermédiaires commerciaux tels tiue les courtiers, les mesureurs, les porteurs '^. qu'elle considère comme des agents indispensables, suivant un usage régulier à cette époque, ou bien, mais plutôt malgré elle, pour le paiement de quelques travailleurs de la draperie *. D'une façon générale, il faut donc que tout corresponde à certaines normes, s'effectue selon certains principes presque matliémati(|ues : l'iiléal. s'il était réalisable, serait l'ét ablis.sement et la mi.se en pratique d une tarification où rien ne pourrait être lais.xé à l'initiative privée, mais où il n'y aurait qu'à a|)pli(|uer. en matière de paiement comme de travail, certaines règles fixées jmr la ville d'une façon immuable.

Dans ces divero points, l'existence et le caractère de la codification urbaine peuvent faire croire à une application directe des princi|)es du droit canonique, si répandus et si

I. Viiy. >> •'•> Hiiji't |M>ur pliiN ■!<■ •li'lniN, pliiH loin li- c-liii|iitn> n-lnti( aux prix, § 'il '. Cf. l'in'iii»', /.<« (Irmitrralirf, 101, I 10 ; Ktinlu. Ziinfl-

i/Tjirn, W\.

*. VOy. pliu loin { 27 ■>■■

Page 1