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I). § l.'i. piiU m.
dépassent même les parts attribuées au petit patron : quant à la différence de détail entre les paiements des deux tissus, bien qu'elle ne puisse tenir en principe qu'à des raisons techniques, l'ignorance où nous sommes de ces variétés de draps ne nous permet pas de la déterminer. Ces deux membres du métier, l'employeur et le sire, ne paraissent pas avoir d'autres relations.
Dans l'ensemble, le sire, par opposition au maître, ne se montre donc que dans le côté pécuniaire de l'entreprise, qu'il s'agisse de donner involontaii'ement de l'argent ou d'en recevoir légitimement, et il semble bien n'entrer à aucun degré, même au sujet de l'entretien des lices, dans l'élément technic^ue et économique, réservé par conséquent au petit patron. De cette intervention financière et de cette exclusion industrielle, ne peut-on être autorisé à conclure qu'en raison des dépenses particulièrement inij^ortantes nécessitées par la fondation des tendages, le sire doit être le bailleur de fonds, qui a fourni l'argent nécessaire à l'installation de l'exploitation et qui en est resté, bien entendu, le propriétaire. Mais après avoir réuni le capital d'établissement, peut-être même avoir mis en réserve un certain capital de roulement en vue des changements d'exploitants, comme il n'est qu'un financier et rien d'autre, il a fait appel à un maître au courant de la partie pratique. Tous deux ont dû conclure une convention par laquelle, d'une façon générale ^, le sire d'abord remet au maître la charge de la création, puis du fonctionnement et de l'entretien de l'entreprise, moyennant pour lui-même, le sire, comme actif certain, le versement de rémunérations pour l'utilisation de l'aijpareil, et comme passif éventuel, le paiement partiel ou total à ses travailleurs des dommages arrivés aux tissus. De son côté, le maître, à l'égard de
1. Il est possible dVn voir une dans lirrueil. n" 365 : le propriétaire des « lices ", Boinebroke, est peut -être uti descendant -successeur des grands drapiers de ce nom du xiii"' s., quoitiue son <Ha.t social ne soit pa-s indiqui'', mais il serait alors exactement un « drapiei-sire » (voy. ci-après 1051, n. I); le « cariïcntier » locataire est sans doute le "maître». Seulement, ce document est d'époque as.sez récente.
1050 LA VIE URBAINE DE DOtTAT
rexploitation matérielle et commerciale, a exactement le même rôle que dans tout atelier de draiicrie, mais U n'y a aucun doute que juridiquement, en raison du capital trop élevé que nécessitaient les établissements industriels de ce genre, il n'ait été forcé de s'abstenir de leur installation ou de leur achat et ne se soit borné à recevoir l'entreprise des mains du sire à titre d'exploitant. Que maintenant de telles relations et conventions entraînent la demande par le seigneur au petit patron et le paiement par celui-ci d'une redevance, dun bail, rien ne l'empêche assurément ' ; mais la temise directe par les clients du tendage de rémunérations séparées aux deux parties, ne paraît pas rendre ce rapjiort pécuniaire indispensable. En tout cas, pour la fondation même des lices, les situations générales des intéressés se comprennent aisément, croirait-on. si on part de la technique. Ensuite, dans les contrats postérieurs, le système originel se maintient, bien que le capital d'établissement des sires paraisse devenir beaucoup moins utile que le capital de roulement des maîtres, mais les uns gardent toujours les tendages comme ))lacement. les autres les prennent comme occupation.
Au cours de l'exploitation, la situation du seigneur peut être considérée en général .ni double titre des dépenses et des bénéfices. Dans le ])remier élément, se manifestant •SOUS les deux modes ])lus sjiéciaux des frais d'entretien et des règlements d'indemnités, les rôles respectifs du seigneur et du maîtt^ semblent se déduire aisément de leur jilaee h chacun d'eux dans l'entrepri.se. Tout d'abord. (|uant à la conservation matérielle du tendage, le sire, n'ayniit aiu'une action industrielle, n'a pas à y ])articiper et c'est à l'exploitdht seul qu'un tel rôle revient naturellement. Ce système est peut-être confirmé encore d'une façon indirecte par l'intervention ou l'absence de l'une ou de l'autre des parties k
1. l.n loontion dp IST-I. rt \Tni dire, ne somblo pus on mentionner (Rerueil, n° S-W).
l'égard dit règlement des deux formes de dommages arrirés aux produits. Aussi longtemps que l'étoffe n'est pas dans l'établissement, bien que le seigneur puisse ne pas se charger eti personne du transport, on se trouve en présence d'une pure question de déplacement de ou vers son tendage qu'il répré-sente au dehors d'une façon oflBcielle, alors que le travail intérieur et son exécuteur direct, le petit patron, n'entrent pas en cause par principe ^ : le sire seul doit donc être responsable. Jlais au cours deS opérations techniques accomplies dans l'exploitation, on le sait, le seigneur disparaît et le inaître exclusivement agit et surveille : qu'il supjjorte les frais éventuels provenant de ce côté, rien ne paraît encore être plus légitime. Les distinctions précédentes, les deux dernières basées essentiellement sur le principe des lieux de travail, semblent donc tout à fait se justifier.
Ainsi, les rôles généraux des intéressés sont nettement délimités. Du côté économique, l'un est en quelque sorte le banquier, l'autre l'ingénieur : le premier a monté financièrement l'affairé et l'offre ainsi au second ; celui-ci, pratiquement l'installe et la dirige. Aussi, juridiquement, ils sont le propriétaire et le possesseur de l'entreprise ou, si l'on préfère, le seigneur émineht et le seigneur utile. Entre eux fonctionne donc certainement une association sous les deux points dé vue précédents : peut-être aussi se manifeste-t-il une dépendance juridique et financière de locataire à propriétaire. En effet, les deux parties ne paraissent pas être égales. A la fondation de l'entreprise, on se passe du maître, et pour le fonctionnement, non seulement ce simple exécuteur se trouve ou se remplace aisément, mais il tend, plus que dans une exploitation ordinaire, à se rapprocher du valet, en raison encore de son rôle exclusivement matériel. Le sire ati contraii-e a été, et à la rigueur, reste l'élément indispensable, car son argent ne se trouve pas sans difficulté. Cette sujierposition du financier
1. Remarquer cette distinction : « se on perdist drap, puis que li maistres... u alcun de8 valUt l'aroient pris..., que li »i>e»... le renge al drapier » (ti" 240**).
1052 LA ^^E urbaixe de douai
exceptionnel au praticien habituel de toute entreprise, forme. un système qui. non seulement est uni(|ue dans la draperie, mais qui au dehors n'apparaît, et pour des raisons analogues, on peut s'en souvenir, que dans les moulins avec le même dualisme de leurs « sires » encore et de leurs meuniers ' ; elle montre parfaitement combien l'organisation du tendage repose d'une façon essentielle sur le capital et en est imprégnée foncièrement .
Dans ces conditions, ces entreprises devaient jouir d'une situation assez privilégiée. En raison des frais généraux qu'elles entraînaient, il est ])ermis de conjecturer qu'elles étaient peu nombreuses et, par suite, d'une certaine importance. Aussi, plus peut-être encore que les fouleries, pouvaient-elles constituer des établissements ouverts au iniblic. En outre. ])our des raisons évidemment analogues à celles qui agissaient dans les organismes précédents, la rémunération du travail y était-elle encore fixe 2, mais avec cette différence que, seuls des travailleurs de l'apprêt, les tendeurs ne paraissaient pas avoir obtenu cet avantage à la suite d'une réunion de métier. Il est possible que les sires aient été en nombre trop restreint et de situation relativement trop élevée pour faire des « assemblées », et, au reste, ils n'ont aucune histoire sociale.
Par tout ce qui jirécède. on s'explique finalement, semblet-il, ([ue la réglementation ait ))u négliger un peu le tendage. Non seulement la simjilicité de la technique n'entraînait pas des fonctions bien compliciuées pour l,i i)raticien, le maître, mais l'autre intéressé, le sire, ne jouait aucun rôle industriel et la ville n'avait pas à s'en occu])er en tant que cai)italiste. Aussi paraissait-il être un personnage vivant un peu à l'écart, comme mystérieusement, rendu même assez indépendant et important par ses quelques deniers, et sans (|ue les échevins drapiers l'aient traité avec considération et avec rcsjM'C't, ])rocédés rares de leur ])art. ils n'eurent |>as non