‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 922 sur 993 · on BpIow, Dir Entulcliiing iIfh mod. Kapital · texte numérisé non relu

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n'existaient toujours pas, mais les grands marchands vendeurs et acheteurs occupaient déjà les deux extrémités de l'économie, si bien que les artisans avaient perdu tout rôle commercial et se trouvaient réduits à un état, non seulement exclusif, mais fermé, de manipulateurs. Que les uns ou les autres de ces négociants, peu à peu et par la force des choses, aient eu l'idée de joindre à leurs exploitations mercantiles une partie industrielle d'abord ; qu'ils soient devenus ensuite à titre complet, acheteurs-entrepreneurs-vendeurs, ce développement se comprend aisément et offrait aux intéressés trop d'avantages pour qu'ils ne l'aient pas réalisé dans des conditions régulières. Ainsi, aux j)etites entreprises proprement industrielles et de détail, non pas se substituèrent, mais plus exactement s'ajoutèrent les grandes exploitations complètes surtout commerciales ; ainsi, se forma le « marchanddia})ier >■ : ainsi, tel nous apparaît Boinebroke.

8i hypothétique et si vague que puisse être forcément cet essai de reconstitution, trois points paraissent être certains, le premier relatif aux individus, les deux derniers aux entreprises, l'un d'eux concernant la cause, les autres les agents d'ordre personnel ou réel des transformations. Tout d'abord, la draperie commença par former surtout une industrie : du moins, la proximité du lieu de inoduction de la matière et des débouchés rendit chez elle le côté fabrication beaucoup plus important que l'élément trafic. Le motif de son changement de caractère à peu près, sinon tout à fait complet, la raison qui, sans bouleverser peut-être, élargit du moins si considérablement une telle économie, ne fut pas une modification s])()ntanée et intérieure, mais un nuitif tout à fait connexe sans doute et cei)endant d'origine externe et étrangère : ce fut le commerce. La nécessité de l'exportation (lu imiduit fabri<|ué entraîna celle de l'importation de la matière brute et finalement transforma le régime de la fal)rication, non seulement en créant les grandes entre})rises de négoce, mais en engioi)ant égalenunt les j)etites exploitations industrielles dans d'autres de grande importance qui, jiour

la plupart au moins, n'étaient autres que les précédents organismes. Chaque partie du commerce eut, semble-t-il. un rôle bien déterminé : l'exportation fut la cause première, mais seulement indirecte du changement ; l'importation en fut la raison seconde, mais immédiate. C'est parce que les Douaisiens recoimurent la nécessité de vendre au dehors leurs produits qu'Us se rendirent compte de l'obligation de créer un mode d'achat de la matière brute, car ils ne pouvaient établir la première économie sans avoir fondé la seconde. L'une, en un mot, fut la raison imminente, l'autre, la raison utile. Examinant ensuite les préparateurs et les exécuteurs de ces changements, les deux classes des petits industriels et des grands marchands tels que nous les connaissons à l'époque classique, on voit que les premiers sont les plus anciens, qu'ils établissent la draperie primitive locale formée de membres libres ; l'apparition des grands commerçants drapiers ne saurait être par conséquent que postérieure. Quand ils se montrèrent, les artisans, qui pour la plus grande partie ne se modifièrent pas économiquement, formèrent la classe des maîtres dépendants : certains, en très petit nombre, persistant sans changement aucun, constituèrent la petite industrie hbre. Enfin, parmi le« moyens nécessaires pour accomplir ces modifications, un seul était possible : c'était, en principe, le capital, ou d'une façon moins absolue ou isolée, l'argent ^. Cet « intermédiaire " manqua évidemment aux uns et se trouva ou vint en la possession des autres sous (|uelque forme que ce fût.

Non seulement l'élément commercial fut la cause de la transformation économique générale qui se produisit, mais, par sa nouveauté, il était aussi, on l'a constaté, beaucoup plus pur et parfait que l'élément industriel : celui-ci, au contraire, -se trouvait formé par un mélange du ])assé et du présent auquel l'organisation neuve s'appliqua en l'utilisant sans le détruire ^. Cependant, ainsi qu'on la remarqué pour

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