‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 924 sur 993 · Dorrii · texte numérisé non relu

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2. Cf. (l'aillcuni fxactuiiii'ut Uùcber, JJic Kntstehung, lOD ; trail., I3U.

sée. Bref, pour le drapier, les avantages de l'ancien système en balançaient sans doute à peu près les inconvénients. CeiJendant, il se rendit parfaitement compte des supériorités économiques, voire même sociales, d'une concentration complète du travail, puisqu'il perfectionna certaines parties de son exploitation en les faisant passer du système de l'industrie à domicile à celui de la fabrique.

Ainsi, il sut conserver les éléments préférables de l'oi'ganisation du passé et prév'oir à peu pi'ès les formations avantageuses pour l'avenir ; il resta de son temps, mais non à un degré exagéré, et il fut audacieux sans devenir révolutionnaire.

2° Conséquences du mode d'exploifalion^ A) Conséquences théoriques.

Les conséquences de cette organisation générale concernent, d'une part, naturellement les fabricants dépendants et, parmi eux, les maîtres ordinaires et les travailleurs des grands ateliers de draperie, et, d'autre part, les artisans indépendants. Pour la première classe, les petits patrons seront considérés dans leur ensemble, en faisant abstraction des différences de métiers cjue nous avons étudiées. Leurs relations avec l'employeur sont générales pour tous ou sjîéciales pour certains d'entre eux : elles sont obligatoires ou volontaires, c'est-à-dire juridiques ou sociales. Les premières se rapportent au travail et à son prix.

Ce sont tout d'abord les marchands seuls qui fournissent la matière ouvrable aux fabricants : ceux-ci ne l'ont donc pas à leur disposition. Les premiers possèdent toute liberté de donner ou de refuser de l'ouvrage ; les autres n'ont aucune possibilité de se le créer ou de se le procurer directement. On ne peut pas dire littéralement que ceux-ci sont des demandeurs et ceux-là des « offreurs )i de travail : les uns forment à cet égard des envoyeurs, les autres des récepteurs. Les deux

parties ne sont donc pas soumises à une loi d'ofiPre et de demande : la première est aussi active que l'autre est passive. Ce n'est pas une (luestion relative, mais absolue : elle se pose d'une façon tout à fait brutale. La situation est d'autant plus tranchée que le vendeur de la matière ouvrable est également celui de la matière ouvrée : les maîtres, non seulement ne sont pas libres d'acquérir la lame ou les ingrédients tinctoriaux, mais même posséderaient-ils une telle faculté, qu'ils n'auraient que faire, semble-t-il, de ces produits, car, après leurs manipulations, ce ne sont pas eux non plus qui les écoulent directement : ils ne forment que de purs transmetteurs. La conséquence fondamentale de cet état de choses est qu'entre le producteur de la matière brute et l'acheteur de la matière fabriquée, d'une part, et le fabricant, de l'autre, existe un intermédiaire par le([uel le travailleur véritable est absolument obligé de passer. En d'autres termes, de quelque point de vue que l'on se place, il est enserré de tous côtés par ces marchands ou entrepreneurs qui le privent de toute communication avec un public quelconque. Ce qui accroît encore la dépendance, ce qui accuse encore la séparation, c'est que généralement il n'existe (piun unique vendeur et qu'un seul acheteur et que toujours l'un et l'autre sont un même individu : tout marché, si restreint soit-il, a ainsi totalement disparu.

Dans ces conditions, l'emjjloyeur tient jiratiipiement son exécuteur de travail entre ses mains : il ])eut donc le faire vivre comme il a tout jiouvoir pour l'en empêcher et, plus ou moins, selon (ju'il lui j)Iaît ; inversement, le travailleur est aussi peu (jue possible le maître de sa propre existence. C'est ce qu'expriment bien les locataires de Boinebroke (|ui. on le sait, sont pourtant des pareurs : il nous « envoie » ou il ne nous ■ envoie mie à waignier ■. répètent-ils du drajiier • : ils ne sauraient mieux dire, car ils ct)nsidèrcnt leur fournisseur de travail comme leur gagne-pain. Quand le système écono-

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