‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 934 sur 993 · FinntiriM, 42 ss · texte numérisé non relu

FinntiriM, 42 ss

On a en même temps l'indication d'un jiremier moyen de résistance des victimes : sui- le moment, il paraît avoir été efficace. Mais le pouvoir public était non seulement assez faible, mais assez éloigné et s'il eût pu avoir une action sérieuse, il aurait suffi, en somme, de faire appel à son représentant local, le bailli. Son intervention ne dut donc avoir qu'une utilité absolument temporaire. On peut conjecturer que les éehevins cédèrent sur le moment pour mieux fortifier leur position dans la suite, et comme les bans antérieurs, quoique probablement plus modérés, suffisaient déjà à amener des résultats de quelque importance en leur faveur, exaspérés sans doute par leur échec, ils ne se privèrent ])as de tirer de ces ordonnances originelles tout ce que leur application rigoureuse pouvait donner. Ce qui semble bien confirmer cette sujjposition, ce qui permet de croire C|ue la tyrannie des employeurs sur leurs em])loyés. que la haine des seconds contre les premiers ne firent qu'augmenter et prii-ent de part et d'autre un caractère presque féroce, ce sont les événements qui ne tardèrent pas à s'accomplir. (|uatre ans plus tard seulement, en 1280.

Nous sommes de nouveau loin de les connaître complètement et n'avons conservé à leur sujet que l'énoncé du jugement prononcé par les éehevins contre les individus trouvés responsables de ces faits ^ Ceux-ci semblent avoir eu ])onr origine première un « ban qui adont fu fais « : nous ignorons entièrement et ne pouvons supposer quel règlement se trouve ainsi indiqué : sans doute, à l'exemple des précédents, fut-il su])])rimé ^. En tout cas. sa mise en ))rati(|iie souleva, comme en 1 276, des difficultés, seulement le dénouement fut beaucoii]) plus grave. Les mécontents ((ui fm-ent condamnés étaient au nombre de 23. Leur place dans la hiérarchie pro-

1. Recueil, n" 28!). Voy. à peine quelques mof.«i .sur cet ëvéneniont flan» Brasaart, Emeute de« tisserands.

2. A moins qu'il ne s'agisse du registre AA 03 (vo\. Rmiril. 1,'J-1.5), mais oiitre qu'il n'est qu'une copie A peu près int(^Brale dos bans <le IS.'iO. il fut rMigC-, on le sait, dès le mois di- mars.

fessionnelle n'est pas précisée, mais comme il ne peut être question en principe que de maîtres et de valets, il n'y a guère de doute que les premiers seuls aient été en cause. A l'égard de leur situation économique, 5, on le voit, appartiennent au tissage, les 18 autres ne reçoivent aucune désignation. Par le côté pénal, ils peuvent être répartis en deux catégories, selon la nature réelle ou personnelle de leurs délits. Tout d'abord, deux tisserands « deffendirent et destourberent les œvres de le ville à faire » : cette expression, on le sait, est exactement celle qu'emploient les bans officiels défendant de jjousser à la cessation collective du travail *. Les autres coupables, dans l'ensemble, « furent en le grevance des eschevins et du Conseil » : ils paraissent donc s'être attarjués au Magistrat même, s'être laissé.s aller au moins à des injures, à la rigueur à des voies de fait, mais certainement sans commettre aucun meurtre. On ne spécifie rien en dehors de cette mention générale : il semble cependant que les 18 individus dont le métier n'est pas indicjué, furent moins compromis (pie les trois autres tisserands. En eflfet. la différence de ces délits entraîna trois sortes de peines. Les deux « telier », qui avaient excité à l'arrêt du travail, subirent le bannissement « sur la tête », étant ))ar conséquent passibles de mort s'ils rentraient *. Des 21 inculpés ])lus s|)écialement d'un délit envers le Magistrat, 18 furent bannis encore, mais comme « mordreux », quoique sans différence visible avec les ])récédents condamnés^; entiii. un décapita les trois derniers tisserands.

Cet événement n'est ]ias mieux connu '. il ne constitue, on

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