‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 94 sur 993 · Schmidt · texte numérisé non relu

Schmidt

sociétés précédentes ^. Il est vrai que. dans l'association des vins du Rhin, l'existence dun bailleur et d'un preneur pourrait faire croire à une commandite en argent ou en nature -. Peut-être, au rcîte, existait-il plusieurs sortes de compagnies. Mais il paraît préférable de conclure simplement, ainsi que nous l'avons annoncé au début, que diverses branches de commerce renfermaient sans doute des associations de formes quelconques. t)n ne peut déterminer davantage leur rôle exact dans la vie commerciale. On admettrait cependant que la ville, tout en n'empêchant pas leur existence, ne favorisa peut-être pas j)artieulièrenu"nt le.ir développement. Les règlements cités au sujet des pois.sons et des blés paraissent montrer qu'elle craignait plutôt de voir les sociétés prendre inie e.Ktension exagérée qui aurait amené leur omnipotence économique au détriment des libertés intlividuelles. suivant les principes bien connus du pouvoir, urbain contre tout ce qui avait tendance à la monopolisation.

H. Lrti inlermédiaires.

Comme on peut le conjecturer aisément, les intermédiaires étaient, dans leur nature la plus générale, des individus chargés, en facilitant les rapports entre les intéressés, vendeurs et acheteurs, de favoriser les opérations commerciales. Ils pouvaient d'ailleurs agir dans des conditions assez diverses et un porteur de foin semble être un intermédiaire en apparence bien distinct d'un courtier. On peut et on doit néanmoins reconnaître à l'un et à l'autre le même caractère économique essentiel (|ii(' nous venons d'indiquer. Mais d'ini ))oint de vue .secondaire et surtout juridi{|ue. ces sortes d'agents comnu-reiaux se divisaient en di-ux catégories générales : les uns étaient d'origine officielle et d'emploi obligatoire, les autres de provenance priv*'"»- <t d usage facultatif. I^es pre-

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miers devenaient ainsi des sortes de fonctionnaires, les seconds restaient de purs particuliers. Il est donc préférable de les étud'er séparément.

a) Les mteryni'fUaires officieh.

Le milieu et le mode de recrutement choisis et adoptés par r administrât ion pour les intermédiaires officiels nous sont encore plus inconnus que dans le cas des esgardeurs : on ignore tout à fait si elle les prenait au hasard ou parmi des individus ayant certaines connaissances techniques, et on ne peut même à cet égard rien supposer de précis. Il est d'ailleurs possible qu'un changement partiel se soit produit selon les époques, avec la modification de la forme des nominations, qui s'accomplit exactement vers la fin du second tiers du xiv^ siècle. Si en effet tous ces agents ne cessèrent pas d'être « assis », nommés par le pouvoir, certains ne le furent pas selon les mêmes conditions pendant les époques précédant et suivant la date précitée, et le changement fut certainement dû à une raison fiscale. Dans la première période, lorsque les finances ou étaient mal surveillées, ou étaient suffisamment « élastiques », ces sortes de charges « cheoient ou don » des échevins. qui en faisaient « li ottrois et dons » ; forcément « aucun prouffit ne redombdoient à le ville ^. » C'était bien fiscalement, sans aucun doute possible, un don gracieux. En efïet, en principe après chaque renouvellement du Magistrat et au besoin au cours de l'année admini.'^trative. les échevins ^ ou même les esgardeurs ^ nommaient ou remplaçaient simplement les intermédiaires. D'après ce système, ils étaient naturellement libres de les recruter à leur gré et de former

1. P.J. 12fi3 ; Finances, 2.S0 avpp P.J. 84^ : Recueil, n" 3.11. p. 24^.

2. Voy. surtout P. .1.818 <>t joindre les documents cités plus haut (il. n. 4. On ignore pourquoi le premier document fait une réserve au sujet des déchargeurs et des charbonniers et à quoi il fait allusion, car ils étaient certainement nonimés par le pouvoir comme les autres intermédiaires.

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