‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 940 sur 993 · Voy. ci-de»tiua 1114, n · texte numérisé non relu

Voy. ci-de»tiua 1114, n

cien peut agir différemment suivant les circonstances matérielles et même la nature privée de ses fabricants indépendamment de leur situation économique, et d'autre part, suivant les divers métiers auxquels ils appartiennent, réserve faite, au contraire, de leur état moral. D'un côté, nous saisirons mieux le caractère du drapier, et de l'autre, nous a])précierons surtout sa conduite. On pourra ensuite chercher à se représenter ce qu'était en fait un entrepreneur dans sa vie sociale.

Boinebroke a naturellement, suivant les événements, différentes façons d'agir. Tout d'abord et le plus simjilement, il se moque des gens. Il rencontre une femme, peut-être une teinturière et certainement sa débitrice, sur laquelle il a saisi une navée de guède ^ : pour se l'approprier, il a apprécié la marchandise et diminué arbitrairement sa valeur véritable ^. et cependant, son prix vénal réel dépasse d'une somme ((ui n'est pas inférieure à 20 Ib. la dette exacte de la plaignante. On comprend (jucl tort extraordinaire ce système d'évaluation et de confiscation a entraîné pour la malheureuse, (jui en est sans doute plus ou moins ruinée. « Commère, lui dit-il en la rencontrant, alees esbourer par disete : ce poise mi ! » « allez travailler à l'esbourage puisque vous êtes dans le besoin : cela me pèse de vous voir ainsi ! » Hypocrite commisération ! La femme accepte, mais n'en insiste pas moins sur le tort matériel immédiat (jui lui est causé. « Commère, continue Boinebroke, je ne sai mie ke je vos dei, mais je vos métrai en nun testament. « En attendant qu'il ne réalise pas cette mauvaise plaisanterie et malgré le feint dé.sespoir (pi'il re.s.sent de la misère à la(|uelle sa conduite a réduit son interlocutrice, il n'éprouve aucun scrujiule à garder le bien volé. Cne autre femme prétend ne lui devoir que 71 Ib., tandis f(u'il la contraint de faire devant l'échevinage une " convenencc 11 de \'M et la réduit jiar ce |)rocédé, scmble-

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