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fortunés, sont réduits par les procédés de Boinebroke à une sorte de demi-misère continue : ils tombent dans le « besoingne ^ ».
On ne s'explique que trop, dans ces conditions, les sentiments qu'il inspire à tout ce monde avec lequel il se trouve en rapports : il fait naître une peur très vive ou une haine violente. La première sensation est beaucoup plus frécjuemmert exprimée. Plusieurs des réclamants n'hésitent pas à déclarer, surtout quand on leur demande les causes de leur soumission à la conduite singulièrement autocratique de l'entreprise, qu'ils ont agi par crainte « por pours, por le creineur de li ^ » ; l'un se plaint et « dolouse ", un autre, on le sait, n ploure * ». Les victimes de Boinebroke vivent bien dans une sorte de terreur. Elles essayent sans doute de l'amener à des sentiments plus humains. Quel((uefois elles lui suppo.sent un esprit de justice auquel eUes font appel : « vous me faites grant tort ». dit une femme ; « se vos me vohes faire droit », commence une autre *. En général, c'est sa pitié que les plaignants implorent, mais s'ils s'adressent surtout à la sensibilité du patricien, c'est moins peut-être parce qu'ils savent que le bon droit n'a aucune influence sur lui, que parce que ces actes agissent plutôt sur le côté sentimental que moral de leurs caractères et qu'ils les émeuvent plus qu'ils ne les révoltent. Aussi, dans leur désespoir, ils s'efforcent d'attendrir leur employeur, de le prendre par le cœur, ils lui expriment de véritables supplications éplorées et touchantes : « se vos me volies rewarder en pitet, continue la seconde femme dont nous venons de parler, vos feries aumosne. » Un pareur écrit au fils du drapier ' : » Por Diu. segneur, et por miséricorde,
metes consel à me besongne por quoi vos feres mult grant
aumosne ». C'est encore à la charité qu'il s'adresse et il paraît