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1134 LA VIE UKB.UXE DE DOUAI
locataires-fabiicants auraient-ils pu quitter l'exploitation, puisque le paiement de leur loyer dépendait expressément de la remise de l'ouvrage.
A côté des raisons économiques du silence des fabricants, les raisons sociales de cette conduite ne sont expliquées qu'indirectement dans l'exécution testamentaire par Tabsence même de toute allusion à un groupement corporatif. Tout ce qui pouvait être pour les petits patrons un mode d'aide mutuelle leur faisait défaut, puisque l'entrepreneur n'en voulait à aucun prix. Un tel système, sans créer ni consacrer aucunement les abus dans les exploitations, ne facilitait cependant pas aux travailleurs les moyens d'y remédier.
Ce second motif de passivité, déjà semi-politique, nous amène au troisième (jui l'est entièrement. Le dernier, mais non pas le ])lus négligeable des auxiliaires pour les employeurs comme des adversaires pour les petits patrons, est le pouvoir urbain, puisque les uns le constituent personnellement et que les autres en sont impitoyablement écartés. Or. la vie de Boinebroke n'est qu'une violation continue à la fois des accords privés et des lois otticielles : non seulement il enfreint les marchés particuliers, mais il déchire les « convenences » échevinales et il expulse les gens « sans loy et sans jugement ^ ». Que l'autorité ait été ou non au courant de tous ces délits, elle était également biiunable ou de ne j)as les connaître ou, les ayant appris, de ne pas les réjirimer. Mais elle ne pouvait ignorer les fautes du jjatricien. On en voit la preuve dans une intervention de sa ])art, à la vérité unique. Boincbmke ne voulut payer à lui ])areur •* que deux jours de travail })our des draps dont la manipulation en avait ce])endant exigé trois et, en conséciuence. il semble (pic le maître eut l'intention d'agir de même à l'égard de son valet. Celui-ci réclama aux esgardeiii-s, ipii lui donnèrent raison : mais on ne mentionne aucune a|)j)liiatii)ii(l"une pénalité au (Irai)icr. (jui fut cependant le vrai coupable. L'autorité communale fit donc en ap])an'nce