puia 2, durtout
respecter les lois, mais si l'on va au fond des choses, on voit que ce ne fut que l'intermédiaire absolument passif qu'elle mit en cause et non pas l'employeur actif ^. De plus, en dépit de sa connaissance des faits, que prouve claii'ement cet exemple, elle n'agit que d'une façon tout à fait exceptiomielle. Bref, il est plus qu'évident que le patricien-échevin, parce que tel, n'avait pas à compter avec les lois. luveisement, rien ne montre mieux cette influence de l'autorité que le profit que les simples maîtres paraissent avoir tiré, sinon de l'arrivée au pouvoir de la petite bourgeoisie, du moins de l'établissement d'un régime moins autocratique et plus ouvert, alors que justement ces changements liés l'un à Fautre coïncident avec la mort du drapier : les fabricants n'hésitèrent pas alors à faire valoir leurs réclamations et purent obtenir gain de cause.
Toutes les raisons précédentes expliquent parfaitement, croirait-on, un fait que nous avons déjà signalé et qui, à première vue, paraît être très singuUer ^ : c'est la longueur du temps pendant lequel les petits patrons n'ont cessé de travailler pour Boinebroke. malgré leurs rapports mutuels. Mais, en principe, ils ont quelque espérance de trouver de l'ouvrage s'ils demeurent dans la même exploitation ou, dvi moins, ils ont plus de raisons d'en obtenir que s'ils changent d'entreprise ; en outre, ils n'ignorent pas qu'ils ne gagneront rien à une modification de personne, qui n'améliorera nullement les conditions du système économique et social. Liés toujours par l'organisation du travail, qui les empêche d'abandonner la besogne commencée, souvent par les dettes, quelquefois ])ar les locations, ils ne peuvent que difficilement (piittcr l'entrejjrise : ils restent exactement bon gré mal gré.
Si maintenant on réunit ces divers traits pour essayer de juger l'ensemble de la conduite du drapier, on ]tcMsf volontiers que tous les procédés dont il use sont non seulement moralement blâmables en soi, mais juridiquement sont aussi