‹ La vie vraiment chretienneChapitre 104 sur 309 · Ergo saltem amodo voca me : Pater meus (Jer. m · texte numérisé non relu

Ergo saltem amodo voca me : Pater meus (Jer. m

6. Acc('[»i.stis spiritum adopllonis filiorum, in quo clamamus : Abba Pater (Rom. vni, 15).

LA FIN DE l'homme DANS LE CŒUR DE DIEU. 175

adore le Saint-Esprit, auquel il s'attache comme à l'amour lui-même.

Ce qu'il contemple avant tout dans ce Dieu en trois personnes, c'est la bonté, la bonté poussée jusqu'à la paternité. De ses innombrables discours, il a laissé à ses disciples ceux qui lui ont été plus particulièrement chers. Or, parmi ses sermons de prédilection, il en est un où il nous montre les trois Personnes divines, mettant pour ainsi dire en commun tout ce qu'elles ont d'affection aûn de le verser sur l'homme. Ailleurs, s'emparant d'un texte d'Isaïe aussi touchant que profond, il nous fait remarquer que le caractère de notre Dieu est la bénignité ; que, pour recourir à la sévérité, ce Dieu si doux semble s'imposer violence, comme un être qui agit contre sa nature; que s'irriter et punir sont des œuvres vraiment douloureuses pour cet être souverainement bon.

Aussi, que de fois notre saint ne répète-t-il pas dans ses livres cette parole de saint Léon : La bonté est la nature même de Dieii^ ; et cette autre de saint Jean : Dieu est charité-.

Retenons-le donc : pour Alphonse, le Seigneur est avant tout un Père. Il est ce Père dont Tertullien a écrit ce mot : Personne n'est jjère autant que Dieu^.

Cela étant, quels sont les sentiments de ce cœur divinement paternel? Pour arriver à les exprimer, saint Alphonse étudie le co^ur de son Dieu dans celui de l'homme qui en est l'image. Car, on peut en être certain, cet apôtre de l'amour divin a sondé avec un soin jaloux tous les secrets do l'amour humain dans ce qu'il a de légitime, pour mieux comprendre, au moyen de cette image créée, la réalité incréée de la charité divine.

Or, que voit-il dans le cœur humain, quand c'est le cœur

Page 1