‹ La vie vraiment chretienneChapitre 114 sur 309 · QUAND ELLE TEND A SA FIN · texte numérisé non relu

QUAND ELLE TEND A SA FIN

Amour de Dieu : persévérance finale, tels sont, d'après saint Alphonse, les deux grands cris de l'âme, quand elle est éclairée sur sa fin et vraiment désireuse d'y arriver.

Tout être humain, fortement épris d'un but, a dans le cœur des cris d'un genre spécial. Honneur et Patrie! s'écrie le soldat vraiment soldat. Mes enfants et ma fortune ! se dit le vrai père de famille. Mes parents et mon avenir! répond l'enfant digne de ce nom. Intégrité et justice ! c'est la régie du magistrat. Jésus-Christ et l'Église! voilà la devise du prêtre. Et c'est ainsi qu'au fond des âmes vivent et s'agitent des aspirations secrètes, des soupirs continuels qui de temps en temps s'échappent en paroles ardentes.

Il n'est qu'une classe d'hommes dans laquelle on ne trouve aucun indice de ces désirs fixes et profonds : ce sont les malheureux disgraciés que la nature a fait naître dans Jidiotisme ou qui ont perdu la raison. L'œil de leur âme est, comme celui de leur corps, hagard, errant de tous côtés et ne fixant rien. Chez eux, plus de pensées arrêtées, et par conséquent, plus d'aspirations dominantes.

Dans l'ordre naturel, grâce à Dieu, ce phénomène est rare. Dans l'ordre surnaturel, hélas! on le rencontre à chaque pas. C'est qu'au point de vue de la foi, innombrables, nous dit l'Écriture, sont les hommes frappés de folie ^. Que de chrétiens, en effet, n'ont plus de pensées chrétiennes, et par le fait, plus de désirs chrétiens!

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