‹ La vie vraiment chretienneChapitre 116 sur 309 · Quia tepidus es, incipiam te evomere (Apoc. m, IG · texte numérisé non relu

Quia tepidus es, incipiam te evomere (Apoc. m, IG

PREMIÈRE ASPIRATION DE l'aME TENDANT A SA FIN. 199

cri, quoique poussé par des voix diverses et sur des tons différents. Tous les oiseaux célèbrent les louanges du Seigneur, bien que, dans le concert, chacun conserve sa mélodie spéciale; de même, nos cœurs doivent faire monter vers notre Père qui est au ciel le filial désir de l'aimer davantage, sans que tous soient actuellement obligés d'exprimer ce désir avec la même ardeur.

Le Fils de Dieu, celui qui s'est fait appeler notre frère aîné\ nous a donné la formule de ce saint désir, quand il a placé ces mots au commencement de notre prière : Notre Père qui êtes aux deux, que votre nom soit sanctifié^ que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel^.

Le résumé de cette prière est dans cette aspiration : .Amour de Dieu! Sur les lèvres du pécheur elle signifie : 0 mon Dieu, ô mon Père, que je cesse donc enfin d'injurier votre nom! Que vous deveniez mon maître, et que je vous aime assez pour obéir à votre loi!

Le tiède qui la dit bien, exprime, par le fait même, le désir de quitter complètement tout péché, de telle sorte que le règne et la volonté de Dieu ne soient plus contrariés en son cœur.

Les fervents et les parfaits, en la répétant, font monter leurs soupirs jusqu'à l'état bienheureux où l'âme sanctifie continuellement le nom de son Père, et accomplit sa volonté avec un amour digne du paradis.

L'essentiel est que toutes les âmes, en récitant ce commencement du Pater, lui donnent le sens qui convient à leur état, montant de degrés en degrés, depuis celui où l'amour est le synonyme du simple état de grâce, jusqu'à celui où il rappelle les affections brûlantes des Séraphins. Telle est la pensée de saint Alphonse quand il déclare à

1. Quos prœscivit, et praedestinavit conformes lieri imaginis Filii sui, ni sil ipse priino<^(Miitus in rnultis fralrihus (Rom. viii, 29).

2. Pater noster, ([ui es in ca3lis, sanctificelur nonuMi tiuun, adveiiiat regiium liuim, fiai rolnnlas tua sicut in c.tIo et in terra (Matth. vi, 9-101

tout homme vivant en ce monde que le premier cri de son àme doit être celui-ci : Amour de Dieu!

Pourquoi y ajouter cet autre : Persévérance finale! et pourquoi les deux ensemble sans les séparer jamais? C'est la question que nous allons aborder.

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