Os meum aperui, et altraxi spiritum (Ps. cxvui
nous suffisant à nous-mêmes. Enfants du nouvel Adam et de la nouvelle Eve, soyons pauvres d'esprit, c'est-à-dire, ayons dans l'esprit que nous sommes pauvres, et que le secours doit nous venir d'en haut. En ce .cas, le royaume de Dieu est à nous. Ce sentiment de notre pauvreté, corrigeant le désordre de notre suffisance, est le principè^- qui porte notre âme à prier.
Or, prier, cest la grande loi de la vie vraiment chrétienne. Oui, il existe une loi, une loi fondamentale en vertu de laquelle Vhomme doit prier. Par une disposition générale de la divine Providence, pour l'obtention d'un bien quelconque, l'homme doit poser quelques conditions. Sans doute, c'est Dieu qui, sans que nous ayons rien fait pour l'obtenir, nous donne l'être et nous le conserve. Mais pour que notre être s'enrichisse des biens qui lui conviennent, il faut que nous nous aidions nous-mêmes, sans quoi le ciel ne nous aidera pas.
Adam fut placé dans le Paradis Terrestre, pour y travailler^, et pour y acquérir par le travail le bien convenable à sa nature.
Dans cette loi qui ordonne à l'homme d'agir pour arriver au bien, vous remarquerez deux conditions essentielles et invariables. La première est la nécessité, la seconde est l'efficacité. Pour que le laboureur obtienne une abondante récolte, il est nécessaire qu'il travaille, qu'il ensemence son champ, qu'il en arrache les mauvaises herbes, qu'il le protège contre l'invasion des eaux; en un mot, qu'il suive toutes les règles de la bonne agriculture. Mais cela fait, il peut tout attendre du ciel, et selon les lois ordinaires de la nature, la moisson lui arrive en son temps.
Voulez-vous, au lieu des fruits de la terre, recueillir ceux de la science? Même loi encore, tout à la fois nécessaire et efficace. Étudiez, prenez de bons livres, assistez aux leçons d'un bon maître^ soyez dociles et constants; il le