Petite, et dabitur vobis (Matth. vu
2. Petite, et dabitur vobis-, quœrite, et invenietis; pulsate, et aperietur vobis (Matlh. vu, 7).
les lois de ce genre possèdent à la fois le caractère de la nécessité et celui de l'efTicacilé.
Ici, ces deux caractères sont plus tranchés encore. Premièrement, si la loi de la prière est facile, plus facile que tout ce qu'ont à exécuter les hommes pour n'importe quel autre bien, le Seigneur a voulu qu'en revanche elle fût, plus que toute autre loi, nécessaire, imprescriptible, invariable. A la rigueur, le laboureur qui néglige son champ peut encore en retirer la nourriture absolument indispensable, mais ici la nécessité est absolue, c'est une nécessité de moyen dans le genre de celle en vertu de laquelle on ne vit pas sans manger. Comme le corps ne peut pas vivre sans rame, ainsi l'âme sans la prière est une âme morte. Tel est l'enseignement universel des docteurs et de la théologie. Sur ce point il n'y a pas de controverse; et saint Thomas, qui résume toute la doctrine, nous dit : Pour entrer au ciel il faut une prière continuelle'^. Dieu veut donner^, assure saint Augustin, mais seulement à celui qui demande ; et de même, ajoute-t-il, que la chair se nourrit de viandes, de même V homme intérieur se nourrit de prières^.
Pour affirmer avec cette force l'imprescriptible nécessité de la prière, les saints docteurs se sont fondés sur les paroles très expresses de Notre-Seigneur Jésus-Christ : Il faut prier toujours et ne jamais cesser^. Ce mot il faut exprime bien assurément la nécessité; et il a été interprété dans ce sens par la tradition unanime de toute l'Église. Priez sans relâche''^ nous prêche l'apôtre saint Paul. Vous n'obtenez pas parce que vous ne demandez pas^^ nous
1. Post baptisinum necessaria est homini jugis oratio ad hoc quod raelum iniroeat (III, q. xxxix, a. 5, c).
2. Dons dare vult, sed non dat nisi petentî (In Ps. 102, ex).
.3. Sicut ex carnalibiis cscis alitur caro, ila ex divinis eloquiis et oralionibus inlerior homo nulritur et pascitur (De salut. Docum.,
c. XXVIIl).