‹ La vie vraiment chretienneChapitre 139 sur 309 · Emile absquc arsento (Is. lv · texte numérisé non relu

Emile absquc arsento (Is. lv

2. Petito, et (labitur vobis ; queerite, et invenielis; pulsate, et aperietur vobis (Maltb. vu, 7).

;>iO LA VIE VRAIMENT CHRÉTIENNE.

Ce contrat, nous l'oublions sans cesse. L'homme ne demande pas; rhomme naturellement ne prie pas. Nous cheminons le lon^ d'un fleuve d'or : c'est le fleuve de la grâce. S'enrichit qui veut; mais nous ne le voulons pas, et nous passons la vie à poursuivre des papillons. Les hochets des enfants s'appellent des enfantillages; les hochets des hommes s'appellent des affaires.

Nous devrions avoir la bouche toujours ouverte pour prier; elle est toujours fermée. Notre mutisme obstiné est un mystère ; il faut que le démon y soit pour quelque chose. De fait il y a des démons muets, lesquels sont chargés de fermer la bouche. Ils la ferment aux chrétiens qui devraient implorer le secours de Dieu, et qui se taisent. Et cependant le contrat subsiste : celui qui demande reçoit, celui qui ne demande pas ne reçoit pas.

Commençons donc 2^ civ demander la grâce de demander; et disons à Dieu : Aperi, Domine, os meum ' î Seigneur, ouvrez ma bouche!

En plus de l'oubli, il n'est pas d'impertinences que l'homme ne se permette à l'égard de Dieu. En efl'et, Dieu fait tout pour notre bien et à chaque instant nous jugeons qu'il fait mal.

Si, pour obtenir une seule de ses grâces, nous étions condamnés à un travail de cent ans, de quoi aurions-nous à nous plaindre? Or, Dieu nous dit : Tous mes dons sont à vous, seulement demandez-les; et nous lui répondons : Pourquoi demander, puisque vous savez tout ce qu'il me faut?

Rien n'est plus révoltant qu'un mendiant orgueilleux. Une personne bienfaisante dit à un pauvre: « Je vous secourrai, mais à condition que chaque matin vous viendrez chercher la nourriture de la journée. » Le mendiant répond : « Non! cela me gêne et m'humilie. Puisque vous me savez dans le besoin^ venez m'apporter vos secours chez moi. «

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