LES OUSTACLES A LA GRACE ET A LA PRIÈRE
Cest le langage que nous tenons à Dieu, au moins par nos actes. Ce grand Dieu a jugé à propos de nous commander : « Tu demanderas chaque jour ton pain de chaque jour. » Et nous murmurons en objectant : « Toujours tendre la main! toujours répéter la même prière! Pourquoi celte besogne inutile? »
Si le Seigneur n'était pas patient, il punirait les insolences de notre pauvreté en fermant ses trésors. Mais il est si bon qu'il daigne encore répondre à nos injustes plaintes. « Mon enfant, c'est pour ton bien que je t'ai assujetti à la loi de la prière. 11 te serait nuisible de recevoir mes dons sans me les demander. Quand un père envoie son fils dans un lointain pays, poui- Tempêchcr d'oublier la famille, il garde son héritage et lui donne peu d'argent. Et si l'enfant se plaint, le père lui réplique : « Il t'est salutaire, mon fils, de dépendre de moi; écris-moi souvent, je t'écouterai toujours. Mais je veux que tu n'oublies ni ton père ni ta mère; ce serait ton malheur et le nôtre. Plus au contraire tu sentiras que tout te vient de nous, plus tu resteras bon fils! »
« C'est ainsi, poursuit le Seigneur, que j'en agis avec mes enfants de la terre. Je suis leur père qui est dans les cieux, et je sais qu'ils ont le cœur oublieux et frivole. Je sais aussi que s'ils m'oublient, le malheur est leur partage. J'ai donc voulu les enchaîner à moi par les bienfaits et par la dépendance. Je leur ai dit : Pendant votre lointain voyage, tous les jours vous me répéterez : Noire Père, qui êtes aux cieuXj donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien^. La manne alors vous tombera du ciel; mais, en la ramassant, vous vous souviendrez de moi. Et ce souvenir de votre Dieu sera le premier et le plus riche de mes dons. »
Ainsi peut nous répondre le Seigneur. Cessons donc d'accu"^er sa sagesse, puisqu'elle n'a pris conseil que de la bonté. Confessons que Dieu estpaternel en toutes ses lois. Et disons dans notre cœur : Je prierai tous les jours de ma vie.
1. Pal(T noster, qui es in cœlis... panem nostruin quolidianum (la nobis hodie (Luc. xi, 3).