Glorjam meam alteri non dabo (Is. xlii
Nouveau, quand il a voulu qu'à la naissance de Jésus, le cantique des Anges qui annonçait la paix aux hommes de bonne volonté, fût précédé de la strophe où gloire était rendue à Dieu : Gloria in altissimis Deo ^ .
L'humilité est d'autant plus indispensable que le pacte, suivant lequel Dieu la réclame, est non seulement incontestable, mais nécessaire; tellement nécessaire que le Seigneur ne pouvait pas ne pas l'imposer.
Oui, j'affirme que la loi de l'humilité, comme condition des grâces, est une loi fondée sur la nature des choses, à tel point que Dieu n'était pas maître de ne pas l'établir. Dieu, ayant créé des êtres raisonnables, devait nécessairement leur imposer l'obligation d'un culte. Or, le devoir de l'humilité est ce qu'il y a de plus essentiel au culte de la divinité. Le culte en effet consiste essentiellement à rendre gloire à Dieu; c'est la première fin du sacrifice; ce sera l'éternelle occupation des élus dans le ciel, oii ils répéteront dans les siècles des siècles : Saint, saint, saint! A celui qui est assis sur le trône et à V Agneau bénédiction, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles^ l C'est aussi l'unique raison de l'existence de ces milliers de créatures qui toutes à leur manière louent et glorifient Celui qui les a faites. Même dans le fond des enfers, les démons et les damnés glorifient le Seigneur à leur manière, en manifestant sa justice et sa puissance. Il est donc certain que l'acte de l'humilité est un des actes fondamentaux de la religion, plus fondamental sous un rapport que la charité elle-même.
Et pouvait-il en être autrement? Dieu, tout Dieu qu'il est, ne peut pas renverser la nature des choses. Il ne peut pas faire qu'un bien qui vient de lui soit reconnu comme n'étant pas de lui. Il ne peut pas faire qu'une créature qui n'a rien par elle-même, soit considérée comme étant le principe de son propre bien; qu'un être indigne de