‹ La vie vraiment chretienneChapitre 154 sur 309 · IG · texte numérisé non relu

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bute, s'irrite et s'éloigne; c'est la sympathie qui se crée des liens trop serrés, trop intimes et trop naturels; c'est la haine qui refuse de pardonner et d'oublier; c'est le monde égoïste et jaloux qui ignore, méprise et blesse la charité chrétienne; ce sont enfin mille sentiments mauvais qui s élèvent du cœur et battent en brèche cette céleste vertu.

Pour la pratiquer, évitons d'abord tout jugement téméraire, toute rancune, toute jalousie, toute indélicatesse; interdisons-nous la médisance, la calomnie, les faux rapports, les paroles aigres-douces; fuyons l'injustice, l'impatience, les procédés désobligeants. La loi de Dieu nous dit : Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît à vous-mêmes^. A la charité négative ajoutons la charité positive : souhaitons au prochain le bien que nous nous souhaitons à nous-mêmes; procurons-le lui pour autant que nous pouvons le faire; nourrissons envers tous nos frères des sentiments de bienveillance, de sympathie et de dévouement; parlons-lui toujours aimablemeiit et parlons de lui toujours favorablement; supportons-le avec patience; rendons-lui service; secourons-le dans ses besoins; édifions-le, prions pour lui, souffrons pour lui; en un mot, selon le précepte de Notre-Seigneur, faisons pour lui tout ce que nous voudrions qu'il fît pour nous^.

Tel est l'office des trois vertus théologales : la foi donne à notre esprit la connaissance, la possession du Dieu que, plus tard, il verra; l'espérance donne à notre volonté la force de tendre au bonheur que, plus tard, elle atteindra; la charité donne à notre volonté l'amour de ce Dieu que plus tard elle aimera parfaitement.

1. Quod ab alio oderis fieri tibi, vide ne tu aliquando alteri facias (Tob. IV, 16).

2. Omnia ergo quœcumque vultis ut faciant vobis homines et vos facile illis (Mallh. vu, 12).

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