‹ La vie vraiment chretienneChapitre 160 sur 309 · Crelere... oportet accedenlein ad Deum (Hebr. xi · texte numérisé non relu

Crelere... oportet accedenlein ad Deum (Hebr. xi

2, Sicut ordinala virlulum congregatio per quamdarn sirnililudinem aedificio comparai ur; ila etiam illud qiiod est prinium in ac(|tiisitione viiluturn, fundainenlo comparatur, quod primum in aelilicio jacitur. Yiitutes autem vere infunduntur a Deo, Unde priinuin in acqnisltione virtiiturn polest, ancipi dupliciter : uno modo per modum r»'moventis prohibent; et sic humilitas primum lociim tenet, in quantum scilicet expelllt superbiam cui Deus resistit, et praebet hominem siibdiUim, et patulum ad suscipiendiim influxum divinae graliœ, in quantum évacuât inflalionem superbiie. Unde «licitur quod Deus superbis resisiil, humilibus autem dat graliam. Et secundum boc humililas dicitur spirilualis sedificii fundamenlum. Alio modo est aliquid primum in virlulibus directe, per quod scilicet jam ad Deum acceditur. Pr.mus autem accessus ad Deuin est per fidein, secAindum illud : Accedentem ad Deum oportet credere. Et secundum hoc fides ponitur fundamentiim nobiliori modo quam humiiitas (S. Thom. Sum. tneoiog. II» 11F, q. clxi, a. 5, ad 2"™).

l'humilité. 301

Dieu qui a tout fait. » — « Seigneur Jésus, s'écriait souvent ce grand Docteur, par les mérites de votre humilité qui vous fit supporter tant d'affronts et d'ignominies, je vous prie de me délivrer de l'orgueil, et de me faire part de votre humilité! »

L'histoire des Pères du désert nous montre, d'autre part, en quelle estime les saints tenaient la vertu de la foi. Lisez, âme chrétienne, ce beau trait de la vie de saint Agathon :

On était si persuadé de sa douceur et de sa modération, rapporte un auteur, que plusieurs Frères, sur la réputation qu'il en avait, voulurent le mettre à l'épreuve par eux-mêmes. Ils vinrent donc le trouver et lui dirent : « Mon Père, quelques Frères se scandalisent de ce que vous êtes un homme vain, et de ce que vous donnez tant de liberté à votre langue, que, non content de mépriser les autres, vous osez encore les vilipender; et, ce qui est pire, c'est qu'étant sujet à de méchants vices, vous voulez ne pas paraître seul à manquer à votre devoir. » A quoi il répondit : « Vous avez raison, mes Frères^ et je ne puis disconvenir de tout ce que vous affirmez. » Aussitôt se prosternant devant eux, il ajouta : « Je vous conjure, mes Frères, de redoubler vos prières pour ce misérable qui a offensé Jésus-Christ par tant de péchés, afin qu'il daigne me les pardonner. » — « Mais, poursuivirent les Frères, nous ne (levons pas vous le dissimuler : on raconte que vous êtes hérétique. » A ces mots, il répondit : « Quoique je sois coupable de plusieurs grands péchés, je vous assure que je suis exempt de celui-là, et Dieu me garde de tomber jamais dans un tel malheur! » Les religieux, étonnés de cette réponse, lui demandèrent pourquoi, après avoir supporté avec tant d'humilité les autres péchés très graves qu'ils lui avaiiînt imputés, il s'indignait au seul nom dhérésic et d'infidélité. « C'est, leur dit-il, parce que l'infidélité ou la perte de la foi sépare entièrement l'âme de Dieu, et qu'en retranchant le fondement de la foi , elle la mot

dans l'impossibilité de retourner à lui; et c'est pourquoi je ne veux pas même laisser penser que j'aie commis un crime si énorme. »

Vous le voyez, cher lecteur, le problème est résolu. La foi et Ihumilité sont vraiment l'une et l'autre le fondement de la vie chrétienne, mais chacune dans un sens différent.

Ce double fondement fait-il défaut, rien de bon à attendre d'une âme. Notre édifice spirituel, au contraire, reposet-il sur ces deux vertus, il pourra s'élever solidement et majestueusement jusqu'à ce qu'il atteigne la perfection à laquelle Dieu nous appelle.

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